Des analgésiques opioïdes à une transformation du système de santé

Des alternatives non-médicamenteuses pour la prise en charge de la douleur gagnent du terrain parmi le public et les professionnels de santé.

Traduit de l’article « From opioid epidemic comes transformation in health care »

douleurs de dos et médicaments
Solutions pour douleurs de dos

De la sombre dévastation de l’épidémie d’opioïdes vient une transformation pleine d’espoir dans les soins de santé. C’est une transformation dans le traitement de la douleur qui a reçu peu d’attention, mais elle est en bonne voie et prend de l’ampleur à mesure que les experts cherchent de meilleures solutions pour mettre fin à l’épidémie d’opioïdes.

Avant que nous puissions apprécier le potentiel de cette métamorphose dans la gestion de la douleur, nous devons comprendre clairement comment l’épidémie a commencé.

Plus de 4 000 habitants de l’état d’Ohio sont morts en 2016 suite à des surdoses de drogue, et non parce qu’ils étaient simplement des toxicomanes à la recherche de leur dernière dose. Un trop grand nombre d’entre eux ont entamé la voie sombre de la toxicomanie pour soulager la douleur, croyant que les dernières pilules contre la douleur n’étaient pas addictives. Quand les analgésiques ne procuraient pas un soulagement adéquat, les experts en matière de douleur ont recommandé aux médecins d’administrer des doses plus élevées. Lorsque les pilules ne suffisaient plus, qu’elles coûtaient trop cher ou que le médecin hésitait à prescrire d’autres médicaments, l’héroïne devenait la solution facile.

Cette constellation de facteurs a créé un problème de drogue de proportions épidémiques.

Deux groupes de patients frappés particulièrement durement par l’épidémie d’opioïdes sont les vétérans militaires et ceux blessés au travail. Les deux groupes souffrent de blessures douloureuses importantes traitées par les analgésiques opioïdes. Les décès par surdose de drogue chez les anciens combattants ont été deux fois plus élevés que la moyenne nationale, tandis que les décès par surdose de drogue chez les travailleurs blessés de l’Ohio ont été trois fois la moyenne déjà élevée de cet état des Etats-Unis.

Avec une compréhension de l’origine de l’épidémie d’opioïdes, il y a un nouvel espoir, alors que les experts de tous les organismes de soins de santé et du gouvernement américain reconnaissent une alternative aux analgésiques opioïdes. En réponse à l’épidémie, l’Ohio a publié l’une des premières lignes directrices sur la gestion de la douleur, recommandant que la douleur soit traitée avec des options non médicamenteuses comme la Chiropraxie ou l’acupuncture en premier. L’Administration fédérale des médicaments, l’Institut de médecine et les centres de contrôle et de prévention des maladies ont présenté des recommandations similaires pour les traitements antidouleur non médicamenteux en tant que traitement de première intention.

Plus tôt cette année, le Journal de l’American Medical Association a publié une étude démontrant que la manipulation chiropratique est un traitement sûr et efficace pour la douleur de la colonne vertébrale. Consumer Reports (sorte de 50 millions de consommateurs américain) a rapidement suivi avec un rapport recommandant la manipulation chiropratique, étant donné que 90% des patients qui l’ont essayé l’ont trouvé utile.

Ensuite, l’American College of Physicians (Une association des médecins) a rejoint la vague croissante de soutien pour le traitement non médicamenteux dans le cadre de ses lignes directrices de traitement de la douleur de dos mis à jour. Ces lignes directrices recommandaient d’essayer d’abord le traitement chiropratique et non médicamenteux, avant même l’acétaminophène et l’ibuprofène, qui sont jugés moins efficaces et plus risqués par de grandes études médicales.

Une transformation commence.

Dans le cadre de ses efforts pour réduire la consommation d’opioïdes et les surdoses de travailleurs blessés, le “Bureau of Workers Compensation” (Branche de Sécurité Sociale pour les blessures au travail) de l’Ohio a publié de nouvelles règles qui imposent 60 jours de traitement conservateur comme la Chiropraxie avant de subir une arthrodèse lombaire (en raison de risques élevés de consommation d’analgésiques opioïdes suite à l’opération). Le ministère chargé des vétérans réduit les prescriptions d’opioïdes en faveur des alternatives de traitement non médicamenteux. Même les hôpitaux locaux cherchent des moyens d’accroître l’éducation et l’accès à des traitements antidouleur non médicamenteux afin de respecter les nouvelles lignes directrices des hôpitaux nationaux qui entreront en vigueur le 1er janvier.

De vastes études utilisant les données nationales de Medicare et les données d’assurance du New Hampshire ont confirmé que l’augmentation du traitement chiropratique est associée à une réduction significative des prescriptions d’opioïdes ainsi qu’à une réduction des coûts des soins de santé.

Les dirigeants du gouvernement américain encouragent la transformation. Les procureurs généraux de 37 États ont envoyé une lettre aux assureurs demandant une meilleure couverture des traitements antidouleur non médicamenteux comme la Chiropraxie, et l’état de Rhode Island a adopté une loi exigeant la couverture de ces services par les assureurs. La Commission du Président sur la lutte contre la toxicomanie et la crise des opioïdes a recommandé que Medicare et les assureurs privés suppriment les restrictions prohibitives en matière de coût pour la Chiropraxie et d’autres alternatives aux opioïdes. La candidate de l’Ohio au poste de gouverneur, Mary Taylor, a publié un plan pour lutter contre l’épidémie d’opioïdes qui comprend une couverture accrue pour les traitements non médicamenteux.

Le soutien pour les traitements chiropratiques et non médicamenteux atteint des niveaux historiques. Jamais auparavant nous n’avions vu autant d’experts à l’intérieur et à l’extérieur des soins de santé reconnaître ces alternatives aux médicaments. Ces recommandations sont également cohérentes avec ce que les patients veulent, selon un récent sondage publié par Gallup, qui a rapporté que 78% des Américains préfèrent essayer d’autres options pour traiter leur douleur physique avant de prendre des médicaments prescrits.

La FDA a recommandé que les fournisseurs qui traitent la douleur soient éduqués sur les traitements non médicamenteux, y compris la Chiropraxie et l’acupuncture. L’éducation et les changements d’habitudes prennent du temps, et la couverture d’assurance incite encore financièrement à utiliser des pilules contre la douleur par rapport aux soins alternatifs. Jusque-là, c’est aux patients de s’éduquer, ainsi qu’à leurs amis et leur famille, sur des alternatives non médicamenteuses aux opioïdes; et c’est à nous tous d’exiger une meilleure couverture de ces options.

Mal de dos ? Qu’est que l’Université de Harvard recommande ?

chiropraxie recommandée pour la lombalgie
La chiropraxie pour le lombalgie

Un article récent sur le site de l’université d’Harvard, l’une des plus prestigieuses  écoles de médecine aux Etats-Unis recommande de voir un chiropracteur pour ses problèmes de dos. Voici la traduction de cet article :

La lombalgie est l’une des affections les plus fréquentes sur la planète. Et vous pouvez vous demander vers qui vous tourner quand vous commencez à éprouver certains de ces maux ou des élancements dans la partie inférieure de votre dos.

Lorsque la douleur frappe

Il y a plusieurs raisons pour les douleurs lombaires. Certains des plus communs incluent une blessure à un muscle ou un tendon, une blessure à un ligament, et une hernie (quand le matériel mou à l’intérieur d’un disque entre les vertèbres ressort et irrite les nerfs). Bon nombre de ces problèmes finiront par se résoudre par eux-mêmes.

NDLR : Je ne suis pas toujours d’accord avec cette affirmation. S’il est vrai que les symptômes peuvent disparaître par eux-mêmes, très souvent le problème est toujours là et quelques mois plus ou quelques années plus tard, ils peuvent ressurgir et encore plus fort car ils n’ont pas été corrigés.

Mais certaines causes de douleurs au bas du dos, comme un rétrécissement du canal rachidien, peuvent nécessiter un spécialiste. «Diriger le patient vers un autre spécialiste pourrait être une option logique lorsque les mesures conservatrices n’ont pas réussi à soulager le mal de dos, que les symptômes ne s’améliorent pas ou s’aggravent, ou que l’on soupçonne qu’une intervention chirurgicale pourrait être nécessaire», explique le Dr Shmerling, un rhumatologue du centre médical Beth Israel Deaconess affilié à l’Université de Harvard.

Vers qui se retourner ?

Puisque vous ne devriez pas essayer de diagnostiquer votre mal de dos vous-même, faites votre premier appel à un professionnel qui peut évaluer votre problème, tel que votre médecin traitant ou un chiropracteur. «Les deux peuvent servir de référant pour le mal de dos (le praticien posant le premier diagnostic et le traitement approprié à appliquer)», explique le Dr Matthew Kowalski, un des chiropracteurs de la clinique Osher de médecine intégrative à l’hôpital Brigham and Women’s affilié à l’université de Harvard. « Et 35% à 42% des personnes ayant leur premier épisode de mal de dos consulteront un chiropracteur. »

Les chiropracteurs utilisent des exercices de posture et des manipulations manuelle de la colonne vertébrale pour soulager les maux de dos, améliorer la fonction et aider le corps à se guérir lui-même. Ils travaillent souvent en collaboration avec d’autres médecins, et ils peuvent prescrire des programmes d’alimentation, d’exercice et d’étirement. «Un chiropracteur est formé à déterminer si vous devez être pris en charge en Chiropraxie ou par un kinésithérapeute ou un médecin», explique le Dr Kowalski.

L’étape suivante

Si vous avez quand-même besoin d’un autre spécialiste, vous pouvez être dirigé vers l’un de ceux-ci :

Un neurologue, un médecin spécialisé dans le traitement du système nerveux. «Les maux de dos sont généralement associés à des symptômes des membres inférieurs, comme l’engourdissement et les picotements, qui peuvent aussi être provoqués par des troubles neurologiques qui ne sont pas liés à la colonne vertébrale, comme la sclérose en plaques. « dit le Dr Kowalski.

Un physiatre, un médecin ayant une expertise en médecine physique et en réadaptation. « Cela peut être utile pour le mal de dos lié à une blessure sportive, si la chirurgie n’est pas nécessaire, et quand les médicaments ne fonctionnent pas », explique le Dr Shmerling.

Un rhumatologue, un médecin qui traite les maladies des articulations, des muscles et des os. «L’orientation est la plus appropriée lorsqu’il y a une inflammation des articulations dans le dos, ou si la douleur dorsale peut être liée à une maladie inflammatoire, comme l’arthrite psoriasique», explique le Dr Shmerling.

Un kinésithérapeute, qui peut vous aider à renforcer les muscles du dos et du tronc pour absorber la pression sur la colonne vertébrale.

Un médecin spécialiste de la gestion de la douleur, un médecin qui peut prescrire des médicaments, faire des injections et envisager d’autres approches. « Les personnes présentant des symptômes qui ne répondent pas au traitement sont de bons candidats pour la gestion de la douleur, comme les infiltrations », explique le Dr Kowalski.

Un chirurgien orthopédique de la colonne vertébrale ou un neurochirurgien qui effectue principalement une chirurgie de la colonne vertébrale, si la chirurgie est probablement nécessaire pour une douleur sévère et implacable qui peut être due à un problème de disque ou colonne vertébrale.
NDLR : Beaucoup de problèmes de disques sont aussi traités par la Chiropraxie, mais effectivement certaines hernies importantes devraient être prise en charge par un neurochirurgien.

Gardez en tete

Il se pourrait qu’il y ait besoin de différents tests complémentaires, tels que des radiographies, des IRM et des tests sanguins, afin de déterminer la cause exacte de votre mal de dos.

Et vous pourriez avoir besoin de plus d’un expert pour gérer votre mal de dos. Cela dépend de la situation. « La plupart des gens qui voient plus d’un expert ont plus d’un problème ou ne se sont pas améliorés avec des traitements antérieurs », explique le Dr Shmerling.

Mais pour les entorses, les foulures et les hernies discales, une visite à votre médecin référant ou un chiropracteur peut être tout ce qu’il faut pour se sentir mieux. Faites cet appel initial (vers ces praticiens) si le mal de dos interfère avec votre journée.

Ci-dessous : le lien vers l’article et la copie de l’article

Cliquez-ici pour voir l’article original en anglais

Where to turn for low back pain relief

In most cases, a primary care doctor or chiropractor can help you resolve the problem.

Low back pain is one of the most common complaints on the planet. And you may wonder where to turn when you start experiencing some of those aches or twinges in the lower part of your back. Take heart. « In most cases, you won’t need a specialist, » says Dr. Robert Shmerling, a rheumatologist at Harvard-affiliated Beth Israel Deaconess Medical Center.

When pain strikes

There are many causes of low back pain. Some of the most common include an injury to a muscle or tendon (a strain), an injury to a back ligament (a sprain), and a herniated or « slipped » disc (when the soft material inside of a disc between spinal bones leaks and irritates nerves). Many of these issues will eventually resolve on their own.

But some causes of low back pain, such as a narrowing of the spinal canal (spinal stenosis), may require a specialist. « A referral makes sense when conservative measures have failed to address your back pain, symptoms aren’t improving or are getting worse, or there’s a suspicion that surgery might be needed, » says Dr. Shmerling.

Where to turn

Since you shouldn’t try to diagnose your own back pain, make your first call to a professional who can assess your problem, such as a primary care physician or a chiropractor. « Both can serve as the entry point for back pain, » says Dr. Matthew Kowalski, a chiropractor with the Osher Clinical Center for Integrative Medicine at Harvard-affiliated Brigham and Women’s Hospital. « And 35% to 42% of people with their first episode of back pain will consult a chiropractor. »

Chiropractors use posture exercises and hands-on spinal manipulation to relieve back pain, improve function, and help the body heal itself. They often work in conjunction with other doctors, and they can prescribe diet, exercise, and stretching programs. « A well-trained chiropractor will sort out whether you should be in their care or the care of a physical therapist or medical doctor, » Dr. Kowalski explains.

The next step

If you do need a specialist on your team, there are many experts who can help, depending on your needs. You may be referred to any of these:

  • A neurologist, a doctor specializing in treatment of the nervous system. « Back pain is commonly associated with lower-extremity symptoms, such as numbness and tingling. These symptoms can also be caused by neurological conditions that are not spine-related, such as multiple sclerosis. Neurologists are great at sorting this out and offering solutions, » says Dr. Kowalski.
  • A physiatrist, a doctor with expertise in physical medicine and rehabilitation. « This may be helpful for back pain related to a sports injury, if surgery is not needed, and when medications are not working, » says Dr. Shmerling.
  • A rheumatologist, a doctor who treats diseases of the joints, muscles, and bones. « Referral is most appropriate when there is inflammation of the joints in the back, or if the back pain might be related to an inflammatory disease, such as psoriatic arthritis, » explains Dr. Shmerling.
  • A physical therapist, a licensed therapist who can help you strengthen back and core muscles to absorb pressure on the spine.
  • A pain management physician, a doctor who can prescribe medications, provide injections, and consider other approaches. « People with symptoms that aren’t responding to treatment are great candidates for pain management, such as injections or procedures to smaller joints in lower back, » says Dr. Kowalski.
  • An orthopedic spinal surgeon or a neurosurgeon who primarily does spine surgery, if surgery is likely needed for severe, unrelenting pain that may be due to a disc or spinal column problem.

Keep in mind

It may take several types of tests, such as x-rays, MRIs, and blood tests, to determine the exact cause of your back pain.

And you may need more than one expert managing your back pain. It just depends on the situation. « Most people who see more than one expert have more than one problem or have not improved with prior treatments, » says Dr. Shmerling.

But for back sprains, strains, and herniated discs, a visit to your primary care physician or chiropractor may be all it takes to feel better. Make that initial call if back pain is interfering with your day.

SaveSave