Céphalée, migraine : 4 points essentiels à savoir

La majorité de mes patients consultent pour des migraines, céphalées et vertiges. Quiconque a eu ne serait-ce qu’une migraine ou un mal de tête fort dans sa vie peut comprendre le désarroi d’une personne qui souffre de ces maux. En plus de la douleur, qui pour certains peut être plus que pénible, on peut être de mauvaise humeur, ne pas avoir envie de parler, d’interagir, de s’occuper des enfants, de regarder un écran,… Pour certains, il faudrait même s’allonger dans le noir, dans le silence…
Pour n’en avoir que très rarement (un mal de tête léger une à trois fois par an), je suis attristé d’entendre que pour certaines personnes, ces douleurs et les symptômes associés sont présents à une fréquence hebdomadaire et parfois même quotidienne.
Je reçois des personnes qui sont fatigués de souffrir, fatigués de prendre des médicaments qui leur provoquent d’autres problèmes ou qui ne sont plus efficaces après un certain temps et qui ont tout essayé pour des résultats médiocres ou temporaires. La liste des spécialistes et d’examens effectués au nombre des années est impressionnante : généralistes, neurologues, ophtalmo., ORL, kiné., ostéo., centres anti-douleurs,… radios., examens de sang, IRM,…
Ce qui nous amène au premier point souvent negligé par beaucoup de spécialistes :

1 : Imagerie de la colonne cervicale

C’est effectivement un des points qui est soit ignoré soit minimisé par les spécialistes. Et pourtant la plupart des personnes souffrant des céphalées (y compris les migraines) souffrent de problèmes cervicaux. Ces problèmes sont des blocages articulaires qui compromettent la biomécanique de la colonne cervicale mais plus important encore le fonctionnement du système nerveux associé. Ces problèmes peuvent être visibles sur les imageries ou pas !

  • Ce qui n’est pas visible : Les blocages ne sont pas visibles sur une imagerie (radiographie, scanner, IRM). Une imagerie est une image fixe à un instant donné. Un blocage articulaire est la perte de mouvement entre deux vertèbres. Vous pouvez avoir des blocages articulaires avec douleurs et irritations nerveuses mais ne pas les voir sur les imageries car elles ne montrent pas le mouvement de l’articulation. Beaucoup de patients racontent avoir eu des images suite à une chute, accident de voiture,… et il leur a été dit : « vous n’avez rien » et pourtant ils souffrent depuis ! 
    « Vous n’avez rien » correspond à une pathologie qui serait visible sur l’imagerie telle qu’une fractures, tumeur, hernie discale (pas visible non plus sur une radiographie mais seulement Scanner ou IRM), etc. Mais pas aux blocages et ce que cela peut provoquer d’un point de vue neurophysiologique.
  • Ce qui est visible mais ignoré : Chez la grande majorité des patients qui me consultent pour des céphalées (y compris migraines), on trouve ceci :

Une hypo lordose ou inversion de la lordose cervicale (de la courbe cervicale). 
La colonne vertébrale est constitué de 3 courbes qui permettent de supporter et mieux répartir le poids du corps. La colonne cervicale a une courbure vers l’arrière qui lui permet de mieux supporter le poids de la tête qui pèse l’équivalent d’une boule de bowling ! C’est comme un ressort qui donne une souplesse à la nuque.
Cette courbe peut être réduite parce que la personne ne l’a pas développé pendant l’enfance (en marchant à quatre pattes et en soulevant la tête) ou inversée en raison d’un choc (coup du lapin) comme un accident de voiture, chute de vélo, sport de contact…

Ce changement de courbure provoque une tension accrue des muscles cervicaux (très présente dans les céphalées de tension), des irritations nerveuses et des changements neurophysiologiques qui modifient le diamètre des artères (présents dans les névralgies et migraines).

2 : L’intégrité du fonctionnement neurophysiologique

Tout le monde (ou presque) est d’accord pour dire qu’un mal de tête se passe dans le cerveau. Oui mais comment ? 
Pour résumer c’est le cerveau qui contrôle tout : les muscles, les artères, les systèmes digestifs, vestibulaires,… C’est le cerveau qui commande aux muscles de se contracter ou de se relâcher, c’est le cerveau qui commande aux artères de se contracter ou de se dilater. C’est ces phénomènes qui sont à l’origine des maux de tête (céphalées de tension, migraines,…).
Mais le cerveau reçoit aussi des informations importantes de ces mêmes organes et systèmes pour être fonctionnel. Et c’est là que les blocages articulaires, les chocs, les traumatismes, etc., même s’ils datent, perturbent les informations venant des articulations, de l’oreille interne, du système visuels, etc.

Le système nerveux en entier joue un rôle dans le fonctionnement des système musculaire et artérielle

Pour pouvoir résoudre ces problèmes, il faudrait pouvoir faire des tests pour déterminer de façon spécifique les systèmes qui sont défaillants et mettre en place une rééducation qui peut comprendre l’intégration proprioceptive, vestibulaire, oculaire, cérébelleux, etc. 

3 : Axe Système digestif / Cerveau

Vous ne mangez pas le matin, mais vous avez besoin de prendre des cafés entre les repas ? Vous ne pouvez pas vous passer du goûter de l’après-midi ? Vous vous réveillez plusieurs fois la nuit ? Vous avez des reflux gastriques ?

Vous pensez que tout cela n’a rien à voir avec vos maux de tête ? Très probablement que si !

Depuis quelques années beaucoup d’études parlent de l’axe système digestif /cerveau. C’est une autoroute à deux sens. Si le cerveau est moins fonctionnel, le système digestif est perturbé : l’estomac ne secrète pas assez d’acidité pour digérer ce que l’on mange et donc un repas lourd peut être source de maux de tête, les parois deviennent poreuses et des molécules qui ne devaient pas passer des barrières, peuvent alors passer et provoquer de l’inflammation. Dans l’autre sens, si le microbiote intestinal (l’ensemble des bactéries) est perturbé par la prise de certains médicaments, vous avez plus de probabilité de développer des migraines et maux de tête. 

C’est donc un dernier point à examiner et corriger, en même temps que le reste : l’alimentation et l’intégrité du système digestif et l’axe cerveau/système digestif. 

4 : Mais ce n’est pas…

Beaucoup de personnes pensent, parce qu’on leur a répété au cours des années, que leurs maux de tête apparaissent à cause du stress, à cause d’une odeur particulière, à cause de la lumière, à cause de repas trop gras, de l’alcool, du chocolat,… Et donc il faut déstresser, éviter de manger ceci ou cela, de boire ceci ou cela, de faire telle ou telle activité…

Or dans la majorité des cas, ce n’est pas ça du tout !

Si c’était le stress, toutes les personnes dans des situations de stress encore plus grandes devraient avoir mal à la tête. Tous ceux qui mangent un peu gras (le bon gras), boivent de l’alcool (en modération), sentent la même odeur, etc. devraient avoir mal à la tête. Or ce n’est pas le cas. 

Comme nous l’avons dit précédemment, c’est le fait que le système nerveux d’une personne ne puisse pas gérer cette information supplémentaire que celle ci est considérée comme un agression par le cerveau et le corps réagit de cette manière en contractant les muscles, les artères et en produisant la douleur. 

Certes, mal manger, boire de l’alcool immodérément et être sous stress en permanence sont des facteurs qui influent négativement sur le fonctionnement du cerveau. Mais si le système est performant, on est plus résistant par rapport à ces agressions. Mais si le système est déjà affaibli, le moindre stress (physique, chimique ou émotionnel) peut déclencher le mal de tête. Il faudrait donc corriger ce qui affaiblit le système nerveux et perturbe le fonctionnement normal du corps que d’éviter telle ou telle chose ou prendre les médicaments de plus en plus forts qui peuvent avoir des effets secondaires à long terme.

Notre approche en neurologie chiropratique

Test oculomoteur optocinétique pour vertige / migraine

Pourquoi ce que nous faisons marche ? Parce que nous regardons la globalité des systèmes qui pourraient être défaillants dans le déclenchement des céphalées et migraines. L’examen initial et les éventuels examens complémentaires permettent d’avoir une idée précise de ce qui ne fonctionne pas et ce qui devrait être corrigés et rééduqué. Et c’est une combinaison des soins chiropratiques (que de nombreuse études ont montré être efficaces pour des céphalées de tension et des migraines) et de conseils en nutrition et de réhabilitation vestibulaires, oculomoteurs,… qui permettent à la grande majorité de nos patients de ne plus souffrir ou de diminuer fortement les fréquences et les intensités de leurs maux de tête.

Vous pouvez retrouver les témoignages de nos patients en cliquant ici.

Vous pouvez trouver quelques unes des études montrant l’efficacité des soins chiropratiques pour les maux de tête en cliquant ici. 

Mais si, les courbes dans la colonne sont importantes !

Souvent négligées

« Rien de particulier dans vos radiographies de la colonne. » Cette phrase, je l’ai entendu tellement de fois au cours des années. Et pourtant… quand on regarde la radiographie de la colonne; que ce soit au niveau cervicale, dorsale ou lombaire, on remarque tout de suite que quelque chose ne va pas !

La courbe est modifiée et pourtant, la même phrase : « Rien de particulier et ça n’a rien à voir avec vos symptômes… »

Effectivement pour beaucoup de professionnels de santé, ce « détail » est souvent négligé. En absence (ou même en présence) d’autres pathologies, la courbure de la colonne et ses modifications ne sont parfois même pas mentionnée. Et pourtant cette courbure a une incidence sur l’état de santé du patient. Les anglo-saxons l’appellent même parfois « The Arch of Life »…

Nous avons déjà mentionné les études qui ont montré que la position de la tête penchée an avant (visible par une diminution de la lordose cervicale sur la radio) pouvait avoir des conséquences néfastes telles qu’usure prématurée (arthrose), douleurs cervicales, douleurs dorsales, maux de tête, capacités respiratoires diminuées, etc.

D’autres études viennent de confirmer que dans le cas des lombaires, les modifications de la courbe (lordose) lombaire pouvaient aussi avoir des conséquences néfastes. 

Dans une des études parue en Mars 2018, des chercheurs japonais ont analysé la relation entre la courbure et la mobilité lombaire et l’arthrose de la hanche. Ils ont trouvé qu’il existe bien une relation entre une accentuation de la courbure lombaire, une mobilité lombaire réduite et la progression de l’arthrose de la hanche. Ce qui va dans le même sens que les études dont nous avons parlé plus haut à propose des changements de la courbe cervicale et l’usure prématurée de la colonne cervicale. 

Dans une autre étude parue en Mai 2018, des chercheurs iraniens ont analysé la relation entre la lordose (la courbe) lombaire, l’angle lombo-sacré (l’angle entre lombaires et sacrum) et des maux de dos chroniques. Ils ont trouvé qu’il existe une forte relation entre d’une part, l’angle combo-sacré et le mal de dos chronique chez les deux sexes et d’autre part, le lordose lombaire et le mal de dos chronique chez les hommes. 

La courbe de la colonne joue donc un rôle dans les douleurs de dos. Une autre étude en 2010 avait déjà montré que les personnes souffrant de hernie discale lombaire avait une courbure lombaire anormale !

Les nerfs éparpillés dans tout le corps prennent leur origine dans la colonne vertébrale

Tout ceci explique ce que les chiropracteurs, spécialistes de la colonne vertébrale et du système nerveux associé, ont toujours dit : la courbure anormale de la colonne est un facteur essentiel dans l’apparition de la douleur et ceci en raison des pressions anormales exercées sur la colonne et les blocages et les irritations que cela engendre au niveau des nerfs voisinants.

Si vous courez, hésitez pas à lire notre article sur un des facteurs de chocs sur la colonne pendant la course

Références :

  • Osteoarthritis Cartilage. 2018 Mar;26(3):397-404. Sagittal alignment and mobility of the thoracolumbar spine are associated with radiographic progression of secondary hip osteoarthritis. Tateuchi H, Akiyama H, Goto K, So K, Kuroda Y, Ichihashi N.
  • Zahra Janamiri, Yousef Moghimi Boldaji, Fardis Mosayebian. Evaluation of Lumbosacral Angle as New Parameters in Patients Suffering from Chronic Low Back Pain. American Journal of Medical Case Reports. Vol. 6, No. 4, 2018, pp 65-67. 
  • The Correlations between Lumbar Lordosis, L4-5 Disc Angle, L4-5 Disc Height, and the Lumbosacral Angle in L4-5 HNP Patients. Journal of Physical Therapy Science 22(4):391-394 · November 2010

Les TMS (Troubles musculosquelettiques) chez les dentistes

Les dentistes et les troubles musculo-squelettiques

C’est la rentrée et on devrait parler des troubles musculo-squelettiques chez les enfants à cause de leur posture et de leurs cartables… Mais aujourd’hui on parlera de ces troubles chez les dentistes et leurs postures au travail !

Troubles musculo-squelettiques chez les dentistes

Dans ma carrière, j’ai vu beaucoup de chirurgiens dentistes se plaignant des douleurs de dos et cervicales. Quand on y pense, il est vrai qu’ils n’ont pas toujours une bonne position au travail : toujours penché en avant sur le patient, parfois en rotation, pendant des heures…

Une nouvelle étude vient de confirmer encore une fois que la douleur musculo-squelettique est un trouble très fréquent et débilitant chez les dentistes, conduisant souvent à une retraite anticipée. Une mauvaise ergonomie dans la pratique dentaire entraîne non seulement des douleurs musculo-squelettiques, mais peut également entraîner des déviations posturales résultant d’un déséquilibre de la fonction musculaire.

Les résultats ont montré qu’environ 83% des participants souffraient de douleurs musculo-squelettiques, la région lombaire étant la région la plus souvent signalée (29%). Les caractéristiques de la douleur les plus souvent signalées étaient la chronicité (63%) et le caractère sourd de la douleur (72%). En ce qui concerne les déviations posturales, le site le plus fréquemment signalé était la région du cou (72%). La corrélation entre les régions de déviation et les régions de douleur a montré que la région de l’épaule était plus importante que les autres régions.

Une autre étude parue en 2016 avait aussi trouvé que les dentistes courent un risque très élevé de développer des douleurs musculo-squelettiques liées au travail. Cette étude visait à étudier la prévalence de la douleur musculo-squelettique chez différents spécialistes dentaires et à établir une corrélation entre la région douloureuse et le type de travail clinique effectué par les spécialistes.

Les résultats de cette étude ont montré que la douleur musculo-squelettique est ressentie par 83,3% des parodontistes, 80% des dentistes conservateurs, 77,8% des endodontistes, 72,7% des orthodontistes, 70% des chirurgiens-dentistes, 63,6% des prosthodontistes, 63% des dentistes généralistes et 50% des pédodontistes. Les résultats ont également indiqué que la région de la douleur musculo-squelettique expérimentée varie selon la spécialité. Parmi les dentistes souffrant de douleurs musculo-squelettiques liées au travail, 80% des dentistes conservateurs ressentent des douleurs au cou et aux épaules, 66,7% des parodontistes et 54,5% des orthodontistes ressentent des douleurs dans la région lombaire. Plus de 50% des endodontistes ressentent des douleurs dans les régions du cou et des épaules et 39% des dentistes généralistes qui ressentent des douleurs dans la région du cou.

Ces études ainsi que d’autres citées plus bas montrent l’importance de la prévention pour ces professionnels. Mais comme le souligne une des études, il est important pour les dentistes de faire des analyses de leur posture et de leur mouvement.

C’est pour cette raison que la consultation chez un chiropracteur diplômé, spécialiste de la colonne vertébrale et des articulations, peut être importante pour la correction de ces problèmes musculo-squelettiques chez des professionnels tels que les dentistes et les chirurgiens.

Références :

  • J Contemp Dent Pract. 2018 Jul 1;19(7):773-777.
    Vertebral Malalignment among Male Dentists with Work-related Musculoskeletal Pain in the United Arab Emirates.
    Al-Rawi NH, Yousef H, Khamis M, Belkadi O, Ahmed S, Ali S.
  • J Contemp Dent Pract. 2016 Aug 1;17(8):639-44.
    Work-related Musculoskeletal Pain among Different Dental Specialists in United Arab Emirates.
    Al-Rawi NH, Khatib HE, Rajoub L, El-Sayed M, Naji R, Youssef R, Kawas SA.
  • Int J Occup Med Environ Health. 2017 May 8;30(3):367-377. doi: 10.13075/ijomeh.1896.00724. Epub 2017 Apr 18.
    Musculoskeletal disorders and perception of working conditions: A survey of Brazilian dentists in São Paulo.
    Ísper Garbin AJ, Barreto Soares G, Moreira Arcieri R, Adas Saliba Garbin C, Siqueira CE
  • Int J Dent Hyg. 2009 Aug;7(3):159-65. doi: 10.1111/j.1601-5037.2009.00395.x.
    A systematic review of musculoskeletal disorders among dental professionals.
    Hayes M, Cockrell D, Smith DR.
  • J Am Dent Assoc. 2003 Oct;134(10):1344-50.
    Mechanisms leading to musculoskeletal disorders in dentistry.
    Valachi B, Valachi K.
  • J Back Musculoskelet Rehabil. 2015;28(4):755-9. doi: 10.3233/BMR-140579.
    Musculoskeletal disorders among a group of Iranian general dental practitioners.
    Tirgar A, Javanshir K, Talebian A, Amini F, Parhiz A.

Le yoga pourrait provoquer des troubles musculosquelettiques

Le yoga pourrait provoquer et parfois aggraver des troubles musculosquelettiques

La pratique du Yoga serait plus sure après après consultation avec un chiropracteur

Le yoga est souvent salué comme une pratique efficace pour le soulagement de la douleur. Mais il arrive que je vois des patients souffrant de blocages et de troubles musculaires suite à une séance de yoga. Il m’arrive de rappeler que le yoga, tout en étant très bénéfique, devrait être considéré comme un sport et donc pratiqué en faisant attention à certaines postures et à ses propres capacités.

Une nouvelle étude vient de paraître qui confirme que le yoga peut aussi provoquer de la douleur, et les blessures liées au yoga sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le pense.

La recherche suggère que chaque année, plus de 10% des personnes qui pratiquent le yoga à titre récréatif ressentent des douleurs musculo-squelettiques, en particulier dans les membres supérieurs. Qui plus est, l’étude a révélé que le yoga aggrave en fait plus d’un cinquième des blessures existantes.

L’auteur principal de l’étude, le professeur Evangelos Pappas, de la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Sydney en Australie, et ses collègues ont récemment rapporté leurs résultats dans le Journal of Bodywork and Movement Therapies.

Le yoga est l’une des pratiques de l’esprit et du corps les plus courantes aux États-Unis, et sa popularité augmente. Selon un sondage réalisé par Yoga Alliance l’année dernière, environ 37 millions d’adultes américains pratiquent le yoga, une augmentation significative de 20 millions en 2012.

Mis à part ses effets de soulagement du stress, une raison pour laquelle les gens sont attirés par le yoga est sa capacité à soulager la douleur. Une étude récente publiée par Medical News Today a révélé que pour le mal de dos, le yoga est tout aussi bénéfique que la kinésithérapie.

Cependant, la nouvelle étude du Professeur Pappas et de son équipe suggère que la prudence devrait être appliquée lors de la pratique du yoga, car cela pourrait faire plus de mal que de bien.

Pour leur étude, les chercheurs ont analysé les données de 354 adultes qui pratiquaient le yoga récréatif. Les participants ont rempli deux questionnaires électroniques à un an d’intervalle, qui ont permis de recueillir de l’information sur toute douleur musculo-squelettique qu’ils pourraient avoir, la présence de douleur dans le corps et la gravité de la douleur.

Les données ont révélé que 10,7% des participants ont souffert de douleurs musculo-squelettiques à la suite du yoga.

« En termes de gravité, plus d’un tiers des cas de douleur causée par le yoga étaient suffisamment graves pour empêcher la participation au yoga et ont duré plus de trois mois », note le professeur Pappas.

La douleur dans les membres supérieurs – y compris l’épaule, le coude, le poignet et la main – était le type de douleur la plus commune provoquée par le yoga qui sont peut être dues aux postures qui pèsent sur les membres supérieurs.

Pour les sujets ayant des blessures musculo-squelettiques préexistantes, environ 21 pour cent de ces blessures ont été exacerbées par la participation au yoga, rapporte l’équipe. La douleur pré-existante des membres supérieurs était la plus affectée par le yoga.

Cependant, l’étude a également apporté quelques nouvelles positives; Environ 74% des participants ont rapporté que leur douleur musculo-squelettique préexistante s’était améliorée à la suite du yoga.

Pourtant, les chercheurs croient que leurs résultats soulignent le besoin de prudence quand il s’agit de pratiquer le yoga, en particulier pour les personnes qui ont déjà des douleurs musculo-squelettiques.

« Notre étude a révélé que l’incidence de la douleur causée par le yoga est supérieure à 10% par an », explique le professeur Pappas, « ce qui est comparable au taux de blessures de toutes les blessures sportives combinées parmi la population physiquement active. »

Les chercheurs disent que leurs résultats peuvent aider les professionnels de la santé et les patients à comparer les risques du yoga avec d’autres types d’activité physique, ce qui leur permet de prendre des décisions éclairées quant à la forme d’exercice qui serait la meilleure.

« Nous recommandons que les professeurs de yoga discutent aussi avec leurs étudiants des risques de blessures s’ils ne sont pas pratiqués consciencieusement, et du potentiel du yoga pour aggraver certaines blessures », ajoute le professeur Pappas.

«Les participants au yoga sont encouragés à discuter des risques de blessures et de toute douleur préexistante, en particulier dans les membres supérieurs, avec les professeurs de yoga et les professionnels de santé pour explorer les modifications de posture qui peuvent entraîner une pratique plus sécuritaire ».

NDLR : Il est donc important de discuter avec un spécialiste de la colonne vertébrale, tel qu’un chiropracteur, de ce que vous pouvez faire ou pas et à quel moment de vos soins pour ne pas aggraver des problèmes.

Références : Musculoskeletal pain associated with recreational yoga participation: A prospective cohort study with 1-year follow-up
MarcCampoPT, PhD (Professor), Mariya P.ShiykoPhD (Assistant Professor), Mary BethKean DPT, LynneRoberts DPT, ATC, EvangelosPappas PT, PhD, OCS (Associate Professor). Journal of Bodywork and Movement Therapies
Volume 22, Issue 2, April 2018, Pages 418-423

Mal de dos chronique : encore une étude qui valide les soins chiropratiques

Mal de dos chronique : La Chiropraxie efficace !

chiropraxie recommandée pour la lombalgie
La chiropraxie pour la lombalgie chronique

La prévalence de la lombalgie au cours de la vie aux États-Unis peut atteindre 84%. Il est estimé que 11 à 12% de la population est en invalidité en raison de maux de dos chroniques. La gravité ou la durée varient d’un individu à l’autre et la transition de la lombalgie aiguë à la lombalgie chronique est difficile à déterminer.

Les approches de gestion de la douleur varient considérablement. De nombreux médecins utilisent des anti-inflammatoires non stéroïdiens, des opioïdes et des médicaments neurotropes, ou des injections de stéroïdes (infiltration) et la chirurgie comme outils principaux. En raison des risques potentiels ou apparents associés à ces outils, les approches non pharmacologiques, considérées comme impliquant des événements indésirables minimes, sont devenues populaires. Au cours des dernières années, plusieurs études ont exploré les preuves pour le traitement de la lombalgie chronique; les options comprennent la thérapie de manipulation vertébrale, la thérapie comportementale, la thérapie par l’exercice, la stimulation nerveuse électrique transcutanée, les courants interférentiels, la thérapie au laser à basse altitude et le yoga. Les modalités manuelles telles que la kinésithérapie, le massage, la chiropraxie, l’ergothérapie et l’ostéopathie, y compris la manipulation et la mobilisation vertébrales, sont souvent utilisées; seules ou ensembles; pour traiter la lombalgie chronique.

L’objectif de cette étude était de mieux comprendre l’efficacité de la mobilisation et de la manipulation de la lombalgie chronique non spécifique comparée et rapportée dans les essais contrôlés randomisés (ECR) depuis 2000.

La conclusion des chercheurs est qu’il existe des preuves de qualité modérée que la manipulation et la mobilisation sont susceptibles de réduire la douleur et d’améliorer la capacité des patients souffrant de lombalgie chronique; la manipulation semble produire un effet plus important que la mobilisation. Les deux thérapies semblent sans danger. Les programmes multimodaux peuvent être une option prometteuse.

Références : Spine J. 2018 May;18(5):866-879. Manipulation and mobilization for treating chronic low back pain: a systematic review and meta-analysis. Coulter ID, Crawford C, Hurwitz EL, Vernon H, Khorsan R, Suttorp Booth M, Herman PM.

3 choses que vous pourriez peut-être apprendre à votre praticien sur la douleur !

Encore beaucoup de professionnels de santé ne comprennent malheureusement pas le rôle du système nerveux et surtout du cerveau dans

La douleur est dans la tête
Le cystème nerveux contrôle la douleur

la perception et le contrôle de la douleur; que ce soit en prescrivant des anti-douleurs, des myo-relaxants ou des massages pour des contractions musculaires ou des anti-dépresseurs pour des maux de tête, etc. Mais à un moment donné, il faut accepter l’évidence connue depuis des dizaines d’années : la douleur est dans la tête !

1. La douleur est dans la tête !

Je ne parle pas psychologiquement ! Je parle fonctionnellement, physiologiquement ! C’est le cerveau qui perçoit une information comme douloureuse ou non-douloureuse. Et selon l’état du cerveau, nous pouvons être plus ou moins sensibles ou résistants à ce qui va être considérée comme une “agression”. 

Vous connaissez probablement quelqu’un qui est capable de supporter une brûlure ou un clou dans la main en se serrant les dents et d’autres personnes qui hurlent de douleur simplement parce que vous les avez effleuré avec votre ongle ou serré la main un peu fort… Ils ne font pas semblants, ils ont vraiment mal !

Si le cerveau est en forme, il arrive à mieux contrôler les sensations qui viennent du corps et inhibe (ou réduit) normalement l’information de la douleur. Mais si le cerveau est devenue faible, fatigué; ses cellules s’emballent plus facilement et donc la sensation de la douleur est accentuée. Si votre praticien ne comprend pas cela, il risque de vous dire : “vous n’avez rien, c’est dans la tête” ou “c’est le stress, prenez des anti-dépresseurs !”.

Le cerveau contrôle l'information de la douleur
La migraine est l’incapacité du cerveau à gérer les informations arrivant au cerveau

En effet, je vois souvent des personnes qui souffrent de maux de tête, migraines, douleurs de dos,… sur qui on a effectué des radiographies, IRMs, et plein d’autres tests et qu’en absence d’une pathologie visible, se sont vus prescrire des anti-dépresseurs pour ne plus sentir la douleur ! Et pourtant ce n’est pas un problème de dépression qui provoque ces douleurs mais des cellules nerveuses devenues trop sensibles. C’est physiologique et non pas psychologique ! Mais il est évident que les cellules nerveuses étant devenues hypersensibles, nous devenons aussi trop sensibles mentalement, parce que les parties du cerveau en charge des émotions sont aussi devenues à fleur de peau, d’où la déprime qui peut accompagner la douleur. Mais comme le disent beaucoup de patients : “Je n’ai pas des maux de têtes parce que j’étais déprimé avant, mais maintenant je suis déprimé parce que je souffre depuis si longtemps et je ne trouve pas la solution !”

2. La douleur est une bonne chose !

La douleur est l’alarme de votre corps. C’est la lumière dans votre voiture qui vous prévient d’un problème au moteur, d’une fuite d’huile par exemple. Dans votre corps, la douleur vous prévient qu’il y a quelque chose qui ne va pas et que si cela continue, cela pose un problème réel pour votre corps. 

Quand on achète une voiture, on apprend que par exemple s’il y a une fuite d’huile dans le moteur, on ne remet pas simplement de l’huile pour compenser pour la fuite. Il faudrait réparer la fuite. En rajoutant simplement de l’huile pour compenser, un jour on risque que le moteur brûle parce qu’on n’a pas réparé la fuite à temps et cela coutera beaucoup plus cher et ce sera beaucoup plus compliqué à réparer. 

La douleur est l'alarme du corps
La douleur est le système d’alarme du corps

Et pour son corps ? Est-ce que l’on fait attention au signal d’alarme qu’est la douleur ? Si le corps vous prévient qu’il y a un problème : un mal de tête ou une douleur de dos, quelle est la solution souvent utilisée ? Un anti-douleur, un myo-relaxant,… Quelque chose pour ne plus sentir la douleur, pour calmer les muscles contractés en ignorant le signal d’alarme. Je vois toutes les semaines des personnes qui consultent en disant qu’ils n’en peuvent plus des douleurs chroniques dont il souffrent tous les jours et ils rajoutent : “avant c’était de temps en temps et beaucoup moins fort et j’ai pensé que ça allait partir” ou “j’ai pris des médicaments et ça allait mieux mais ça revient. Maintenant c’est tout le temps et c’est invivable !”

Si le problème n’est pas résolu; il revient un jour ou l’autre et probablement plus fort !

3. L’objectif ne devrait pas être d’éliminer la douleur mais la cause de la douleur !

Rappelez-vous : Douleur ou symptôme = signal d’alarme ! On n’éteint pas l’alarme d’incendie sans avoir éteint l’incendie qui a provoqué le signal !

Etape 1 : Enlever la source du problème dans le corps

Il faudrait donc tout d’abord enlever ou réduire ce qui provoque le signal d’alarme. Dans la plupart des troubles neuro-musculosquelettiques tels que les maux de dos, douleurs cervicales, maux de tête, migraines, nevralgies,… ce sont des blocages articulaires qui provoquent des irritations des nerfs et donc la douleur ou la contraction musculaire. Il est donc logique de commencer par là et d’enlever ces blocages et ces irritations. Avec 6 années d’études à temps complet, les chiropracteurs sont les spécialistes de la colonne vertébrale pour ces problèmes. Les nombreux témoignages de nos patients le montre et de plus en plus d’études médicales le prouvent ! Sur notre site, vous pouvez en trouver certaines sur les maux de tête / migraines, maux de dos / hernie discale ou autres…

Etape 2 : Rééquilibrer le système nerveux

Pour que l’information de la douleur soit mieux contrôlée et que le système nerveux puisse normaliser les informations qui sont considérées comme douloureuses, il faudrait rééquilibrer le système en stabilisant le système proprioceptif, oculaire, vestibulaire… 

“Le système vestibulaire pour mes migraines ?”

Pour résumer, les différentes informations sensorielles qui entrent dans le cerveau, activent différentes cellules et zones du cerveau qui sont interconnectées. L’intégration des informations venant des systèmes cérébelleux, vestibulaires, oculaires et proprioceptifs… interagit avec les systèmes qui sont en charge des muscles, des artères, du contrôle de la douleur,… Si vous voulez, c’est un peu l’effet des vases communicantes : en remplissant une vase on peut faire déborder une autre vase et en ouvrant une vanne dans une vase on peut vider une autre vase pour ne pas qu’elle déborde. 

C’est pour ça que chez des personnes migraineuses, une lumière, un bruit, une odeur peut déclencher la migraine; ou chez une personne avec des acouphènes ou douleurs de dos, le stress peut déclencher les symptômes. Mais le problème n’est ni l’odeur, ni la lumière, ni le stress. C’est est-ce qu’on a un système qui est stable pour supporter l’odeur, la lumière, le stress,… ? 

Il est donc essentiel de travailler pour rééquilibrer, stabiliser et renforcer le système nerveux, pour qu’il puisse être résistant à long terme et qu’on n’ait pas de douleur au moindre petit problème. 

Coup de poignard dans le dos des kinésithérapeutes : réponse personnelle 

Un de mes patients m’a signalé un article d’un certain Monsieur Demorand, kinésithérapeute de son état, qui se plaint d’un “arrêté ministériel offrant aux chiropracteurs la possibilité de réaliser la quasi-totalité des actes de kinésithérapie” !

6 années d’études et diplôme de Doctor of Chiropractic

Dans cet article, Monsieur Demorand se place en tant que défenseur des intérêts des patients quant à leur sécurité et contre des fake médecins que sont les chiropracteurs ! En tant que chiropracteur, diplômé Doctor of Chiropractic après 6 années d’études à temps complet, et reconnu en tant que tel dans de nombreux pays tels que les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la Suisse, l’Irlande,…, je me demande si Monsieur Demorand s’est un tant soit peu renseigné sur la profession avant de faire son article ou s’est contenté de s’insurger contre la perte de ses “privilèges exclusifs”, comme malheureusement souvent en France. Car il s’agit bien d’une perte de privilège ou de “chasse gardée” dont se plaint ce Monsieur et non pas autre chose !

chiropraxie et TMS
Les chiropracteurs en première ligne contre les troubles musculo-squelettiques

Il ne s’agit pas de la défense des intérêts des patients étant donné que la grande majorité des études médicales sur la Chiropraxie ont montré l’efficacité et la sûreté des soins chiropratiques pour des troubles neuro-musculo-squelettiques. La profession est réglementée dans de nombreux pays, reconnue par l’OMS et régies par des instances internationales sur des formations longues sur 6 ans avec internat clinique,… Et comme je le mentionnais, de nombreuses études parues dans des journaux médicaux indexés ont montré l’efficacité de ces soins pour de nombreux problèmes musculo-squelettiques. Et c’est d’ailleurs ce qui a incité la France, à la traîne par rapport aux autres pays européens, de finalement reconnaitre la profession ! Je rappelle aussi que certaines de ces études ont même montré la supériorité de ces soins par rapport aux soins de kinésithérapie. Et c’est peut-être bien cela qui dérange Monsieur Demorand et certains de ces confrères. Il pourrait trouver certaines de ces études sur mon site (cette page), ou par exemple dans le dossier de l’Organisation Mondiale de la Santé sur la profession !!!

Je me rappelle qu’il y a quelques années, à l’invitation d’un chef de service d’un hôpital parisien, j’ai fait une présentation sur la Chiropraxie pour le staff. Et dans ma présentation, je montrais les différentes études sur l’efficacité des soins y compris celles qui montraient que les soins chiropratiques étaient plus efficaces pour les maux de dos par rapport aux médicaments ou aux soins de kinésithérapie. Des collègues de Monsieur Demorand se sont senti insultés (ce qui n’était absolument pas mon intention) et ont décidé de quitter la salle. Le chef de service a dû leur faire comprendre que ce sont des conclusions d’études médicales et qu’il faut accepter les faits et non pas les prendre comme une attaque personnelle. 

J’ajoute que non seulement l’esprit de cet arrêté n’est pas de substituer les 1000 chiropracteurs aux 90.000 kinésithérapeutes, car on ne cible pas les mêmes structures dans le corps humain, mais que cela permet de créer une complémentarité logique dans les rapports entre les deux professions comme cela existe partout dans le monde. Cet arrêté ne fait que s’aligner sur ce qui se fait dans le reste du monde et des pays européens où les chiropracteurs sont reconnues en tant que praticien de premier contact (avec pose de diagnostic), ce qui n’est pas le cas des kinésithérapeutes.

Kinésithérapeute et chiropracteur : pas le même travail

Encore une fois, personnellement, mon travail consiste à travailler sur le système articulaire et son rapport avec le système nerveux et non pas de faire de la kinésithérapie. Et pour beaucoup de mes patients je recommande de poursuivre une rééducation et/ou renforcement musculaire avec un kinésithérapeute de leur choix. Dans mon cabinet aux Etats-Unis, nous avions 3 chiropracteurs qui travaillaient avec 2 kinésithérapeutes. Chacun son travail pour aider les patients à progresser. Je n’ai donc aucune animosité envers ces professionnels sauf quand certains d’entre eux veulent, dans l’autres sens, surfer sur la popularité des soins vertébraux et se former à cela en faisant des raccourcis et devenir ostéopathes en faisant des stages sur des weekends ou en quelques mois, au lieu des 6 années d’études à temps complet que nécessite une vraie formation d’ostéopathe !

J’inviterais donc Monsieur Demorand et quiconque de ces collègues qui se sentiraient trahis par cet arrêté de se rapprocher de l’Association Française de Chiropraxie qui régie la profession en France pour comprendre ce qu’est cette profession. Cela lui permettra d’être rassuré sur le fait que la complémentarité des soins est un plus pour les patients et que cela n’enlève en rien ses privilèges de kinésithérapeute.

Mal de dos : exercice aussi efficace que les anti-inflammatoires

Mal de dos : exercice aussi bien que les anti-inflammatoires, sans les effets secondaires !

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Faire des mouvements pour le mal de dos plutôt que de prendre des anti-inflammatoires

La lombalgie chronique non spécifique est devenue un problème majeur de santé publique dans le monde entier1). La prévalence de la lombalgie au cours de la vie atteindrait 84% et la prévalence de la lombalgie chronique serait d’environ 23%, avec environ 11% à 12% de la population étant handicapée par ces troubles. La lombalgie chronique non spécifique se manifeste sous forme de tension, de douleur et / ou de raideur dans la région du bas du dos, sans être possible d’identifier une cause spécifique de la douleur. Plusieurs structures dans le dos, y compris les articulations, les disques et les tissus conjonctifs, peuvent contribuer à la création des symptômes.

En règle générale, le traitement des patients atteints de lombalgie chronique non spécifique est conservateur, en utilisant des médicaments et / ou de l’exercice. La pharmacothérapie peut être associée à des effets secondaires. Il a été démontré que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont une efficacité thérapeutique pour la lombalgie chronique non spécifique. Il a été rapporté, cependant, que 3 à 23% des patients utilisant des AINS devaient les arrêter en raison d’effets secondaires. De plus, il faudrait tenir compte des quantités de médicaments concomitants administrées aux personnes âgées en ce qui concerne le risque de chute et qui devraient faire l’objet d’un suivi particulier.
Un autre traitement -exercice- a une efficacité bien établie chez les patients avec lombalgie chronique non spécifique et est populaire. De nombreuses études ont démontré que l’exercice thérapeutique peut améliorer la flexibilité du tronc, la force, l’endurance, la capacité aérobique et la stabilisation. L’exercice promet d’améliorer la fonction et les activités de la vie quotidienne. Cependant, il y a des arguments, à la fois pour et contre le soulagement de la douleur de cette manière.

Il y a eu peu d’études sur les comparaisons entre les AINS et la thérapie par l’exercice, notamment en ce qui concerne le degré de douleur, l’incapacité et la qualité de vie associée à la lombalgie ou à la santé. Le but de cette étude était d’analyser l’efficacité thérapeutique du traitement par AINS par rapport à celle de l’exercice chez les patients avec lombalgie chronique non spécifique.

En conclusion, le soulagement de la douleur a été obtenu après 3 mois de pharmacothérapie ou d’exercice. La qualité de vie s’est améliorée seulement dans le groupe d’exercice. Les résultats de rétablissement pour les deux groupes n’étaient pas significativement différents. L’efficacité de l’exercice pour une lombalgie strictement définie, était presque équivalente à celle de la pharmacothérapie et fournissait une meilleure qualité de vie.

Références : Fukushima J Med Sci. 2017; 63(1): 8–15. Therapeutic efficacy of nonsteroidal anti-inflammatory drug therapy versus exercise therapy in patients with chronic nonspecific low back pain: a prospective study, Naoto Takahashi, Jun-ichi Omata, Masumi Iwabuchi, Hironari Fukuda, Osamu Shirado

Arthrose du genou ? Pansez vos intestins !

Ce qui se passe dans vos intestins a des conséquences sur vos articulations

arthrose genou microbiome
L’arthrose du genou peut être lié à vos intestins

Selon une nouvelle étude publiée dans Journal of Clinical Investigation Insight, les bactéries présentes dans l’intestin, connues sous le nom de microbiome intestinal, pourraient être à l’origine de l’arthrose et des douleurs articulaires qui frappent les personnes obèses.

L’arthrose, un effet secondaire commun de l’obésité, est la plus grande cause d’invalidité aux États-Unis, affectant 31 millions de personnes. Parfois appelée «usure», l’arthrose chez les personnes obèses a longtemps été considérée comme une conséquence d’un stress excessif sur les articulations. Mais les chercheurs de l’Université de Rochester Medical Center fournissent la première preuve que les bactéries dans l’intestin – régies par l’alimentation – pourraient être la principale force motrice derrière l’arthrose.

Les scientifiques ont découvert que les souris obèses avaient plus de bactéries nocives dans leurs tripes par rapport aux souris maigres, ce qui provoquait une inflammation dans tout le corps, conduisant à une détérioration très rapide des articulations. Alors qu’un supplément prébiotique commun n’a pas aidé les souris à perdre du poids, il a complètement inversé les autres symptômes, rendant les intestins et les articulations des souris obèses indiscernables des souris maigres.

Qu’est-ce qu’un régime alimentaire occidental, riche en graisses peut faire ?

L’équipe de l’URMC, dirigée par Michael Zuscik, Ph.D., professeur agrégé d’orthopédie au Centre de recherche musculo-squelettique (CMSR), Robert Mooney, Ph.D., professeur de pathologie et de médecine de laboratoire, et Steven Gill, Ph.D. ., professeur agrégé de microbiologie et d’immunologie, ont nourri des souris un régime riche en graisses semblable à un régime occidental de «cheeseburger et milkshake».

Il a suffi de 12 semaines du régime riche en graisses pour rendre les souris obèses et diabétiques, doublant presque leur pourcentage de graisse corporelle par rapport aux souris nourries avec un régime faible en gras. Leurs colons étaient dominés par des bactéries pro-inflammatoires, et manquaient presque complètement de certaines bactéries probiotiques bénéfiques, comme l’additif commun au yogourt Bifidobateria.

Les changements dans les microbiomes intestinaux des souris ont coïncidé avec des signes d’inflammation à l’échelle du corps, y compris dans les genoux où les chercheurs ont induit une arthrose avec une déchirure méniscale, une blessure athlétique commune connue pour provoquer l’arthrose. Par rapport aux souris maigres, l’arthrose a progressé beaucoup plus rapidement chez les souris obèses, la quasi-totalité de leur cartilage disparaissant dans les 12 semaines suivant la déchirure.

« Le cartilage est à la fois un coussin et un lubrifiant, supportant des mouvements d’articulation sans frottement », a déclaré Zuscik. «Quand vous perdez cela, c’est de l’os sur l’os, c’est la fin du chemin et vous devez remplacer l’ensemble de l’articulation. »

Pouvez-vous manger votre gâteau et protéger vos articulations en même temps ?

Étonnamment, les effets de l’obésité sur les bactéries intestinales, l’inflammation et l’arthrose ont été complètement évités lorsque le régime riche en graisses des souris obèses a été complété par un prébiotique commun, appelé oligofructose. Le cartilage du genou des souris obèses qui ont mangé le supplément d’oligofructose était indiscernable de celui des souris maigres.

Les prébiotiques, comme l’oligofructose, ne peuvent pas être digérés par les rongeurs ou les humains, mais ils peuvent être benéfiques pour certains types de bactéries intestinales utiles, comme les Bifidobactéries. Les colonies de ces bactéries se sont multipliées et ont proliféré avec ces prébiotiques, s’emparant des intestins des souris obèses et évinçant les mauvais acteurs, comme les bactéries pro-inflammatoires. Ceci, à son tour, a diminué l’inflammation systémique et ralenti la dégradation du cartilage dans les genoux arthrosiques de la souris.

L’oligofructose a même rendu les souris obèses moins diabétiques, mais il y avait une chose que le supplément diététique n’a pas changé: le poids corporel.

Les souris obèses qui ont reçu de l’oligofructose sont restées obèses, portant la même charge sur leurs articulations, mais leurs articulations étaient en meilleure santé. Simplement réduire l’inflammation était suffisant pour protéger le cartilage articulaire de la dégénérescence, soutenant l’idée que l’inflammation – et non les forces biomécaniques – entraîne l’arthrose et la dégénérescence articulaire.

« Cela renforce l’idée que l’arthrose est une autre complication secondaire de l’obésité – tout comme le diabète, les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux, qui ont tous une inflammation dans leur cause », a déclaré Mooney. « Peut-être, ils partagent tous une racine similaire, et le microbiome pourrait être cette racine commune. »

Avant de vous rendre au magasin de vitamines

Bien qu’il existe des parallèles entre les microbiomes de la souris et de l’homme, les bactéries qui protégeaient les souris contre l’arthrose liée à l’obésité peuvent différer des bactéries qui pourraient aider les humains. Zuscik, Mooney et Gill ont l’intention de collaborer avec des chercheurs du Consortium pour la Recherche et l’Education au Département des Anciens Combattants des États-Unis pour faire avancer cette recherche sur les humains.

L’équipe espère comparer les vétérans souffrant d’arthrose liée à l’obésité à ceux qui n’ont pas d’arthrose pour identifier davantage les liens entre les microbes intestinaux et la santé des articulations. Ils espèrent également tester si les suppléments prébiotiques ou probiotiques qui façonnent le microbiome intestinal peuvent avoir des effets similaires chez les vétérans souffrant d’arthrose comme chez la souris.

Références : Eric M. Schott, Christopher W. Farnsworth, Alex Grier, Jacquelyn A. Lillis, Sarah Soniwala, Gregory H. Dadourian, Richard D. Bell, Madison L. Doolittle, David A. Villani, Hani Awad, John P. Ketz, Fadia Kamal, Cheryl Ackert-Bicknell, John M. Ashton, Steven R. Gill, Robert A. Mooney, Michael J. Zuscik. Targeting the gut microbiome to treat the osteoarthritis of obesity. JCI Insight, 2018; 3 (8)

Migraines : Pourquoi on ne me l’a pas dit ?

Les migraines souvent liées aux problèmes cervicaux

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Les migraines touchent plus les femmes que les hommes en général

C’est ce que j’entends régulièrement au cabinet : pourquoi on ne me l’a pas dit ? Des patients qui après des années de galères et de souffrances avec des maux de tête, qui trouvent finalement une solution avec nos soins et demandent pourquoi tous les spécialistes qu’ils ont consultés jusque là ne leur ont pas dit que leur problèmes pouvaient venir de leurs cervicales et qu’ils auraient pu consulter un chiropracteur !

En effet pourquoi ? Je connais beaucoup de médecins parmi mes amis et famille et je crois pouvoir dire pourquoi : parce qu’ils ne connaissent pas la relation entre ce qui se passe au niveau de la colonne et les maux de tête et migraines. Parce qu’ils ne connaissent pas les études qui ont montré l’efficacité des soins chiropratiques pour les migraines et les céphalées de tension.

Nous avons déjà une page consacrée aux études qui montrent l’efficacité des soins chiropratiques pour les maux de tête et migraines (cliquez ici). Vous pouvez aussi retrouver quelques uns des témoignages de nos patients dont la majorité viennent nous consulter pour les maux de tête (cliquez ici).

Mais le post d’aujourd’hui est pour faire part de quelques nouvelles études qui démontrent encore une fois qu’il existe une association entre des troubles structurels au niveau des cervicales et des céphalées et migraines.

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Les mauvaises positions au travail et à la maison sont associées aux problèmes cervicaux et migraines

Dans une étude parue en juin 2017, les chercheurs voulaient étudier les troubles musculo-squelettiques au niveau cervical chez les femmes avec des migraines épisodiques, migraines chroniques et celles sans migraine. Ils ont trouvé que les femmes souffrant de migraines présentent des altérations musculo-squelettiques de la colonne cervicale supérieure, exprimées par une rotation cervicale restreinte, une diminution de la rotation cervicale supérieure et la présence d’articulations cervicales supérieures symptomatiques (douloureux).

93% des personnes souffrant de migraines ont au moins 3 dysfonctionnements au niveau cervical !

Dans une autre étude parue en 2018, les chercheurs voulaient évaluer la prévalence et la structure des dysfonctionnements musculo-squelettiques chez les patients migraineux en utilisant une approche méthodologique rigoureuse. Un ensemble normalisé de six tests d’examen physique a montré une prévalence élevée de dysfonctionnements musculo-squelettiques chez les patients migraineux. Quatre-vingt-treize pour cent des patients évalués présentaient au moins trois dysfonctionnements musculo-squelettiques au niveau cervical. Ces dysfonctionnements confirment une interaction réciproque entre le trijumeau (le nerf souvent mis en cause dans les migraines) et les cervicales qui expliquerait la symptomatologie de la migraine.

On peut encore citer cette étude parue en 2009 qui montrait une diminution des amplitudes de mouvement (en particulier en extension) chez des personnes souffrant de migraines épisodiques et chroniques. Ou cette autre étude parue en 2014 qui montrait aussi qu’une diminution de la mobilité articulaire était associée aux migraines. Ou encore cette étude parue en 2016 qui montre que les patients avec des migraines chroniques avaient une activité exagérée des muscles extenseurs de la nuque.

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Les migraines et les problèmes cervicaux sont liés

A l’étude de ces articles et de nombreuses autres articles il est légitime de penser que les problèmes cervicaux et les migraines sont liés. D’ailleurs la plupart des patients qui viennent nous consulter pour des céphalées de tension ou des migraines ont des problèmes de blocage au niveau des cervicales. Parfois même des radiographies de la colonne cervicale qui montre une perte de la courbe cervicale mais à qui on a dit : « Ce n’est pas un problème, ça n’a rien à voir avec vos maux de tête » !
On voit bien que si, et qu’il serait donc judicieux de consulter un chiropracteur si on souffre de migraines chroniques, pour examiner la colonne vertébrale et de corriger les blocages et les tensions musculaires présents. D’autant plus que, comme je l’ai précisé auparavant, des études ont déjà montré l’efficacité des soins chiropratiques pour différents type de maux de tête : céphalées de tension, migraines, etc.

Dans notre cabinet, non seulement nous procédons à une analyse complet de la colonne, mais nous prenons aussi en compte les problèmes physiologiques au niveau vestibulaires et oculaires qui peuvent être un facteur déterminant dans l’apparition et donc la résolution des migraines.
Une migraine n’est pas un problème simple et il faudrait de toute façon consulter votre médecin pour s’assurer que cela ne cache pas de problèmes plus graves. Mais en absence de pathologie et pour éviter de prendre des médicaments qui ne font que masquer les problèmes et vous obligent à en prendre des plus en plus forts et avec des effets secondaires plus importants, essayez des soins qui ont montré leur efficacité pour la majorité des patients qui consultent !

Références :

* Eur J Phys Rehabil Med. 2017 Jun;53(3):342-350. Musculoskeletal disorders of the upper cervical spine in women with episodic or chronic migraine. Ferracini GN, Florencio LL, Dach F, Bevilaqua Grossi D, Palacios-Ceña M, Ordás-Bandera C, Chaves TC, Speciali JG, Fernández-de-Las-Peñas C.

* Cephalalgia. 2018 Apr;38(5):865-875. Musculoskeletal dysfunction in migraine patients. Luedtke K, Starke W, May A.

* Headache. 2009 May;49(5):726-31. Cervical mobility in women with migraine. Bevilaqua-Grossi D1, Pegoretti KS, Goncalves MC, Speciali JG, Bordini CA, Bigal ME.

* J Bodyw Mov Ther. 2014 Oct;18(4):569-75. Upper cervical mobility, posture and myofascial trigger points in subjects with episodic migraine: Case-control study. Tali D, Menahem I, Vered E, Kalichman L.

* J Electromyogr Kinesiol. 2016 Oct;30:66-72. Patients with chronic, but not episodic, migraine display altered activity of their neck extensor muscles. Florencio LL, Oliveira AS, Lemos TW, Carvalho GF, Dach F, Bigal ME, Falla D, Fernández-de-Las-Peñas C, Bevilaqua-Grossi D