Football : taper souvent le ballon avec la tête n’est pas bon pour les footballeurs

Les footballeurs qui tapent souvent le ballon avec la tête sont susceptibles d’avoir les symptômes semblables à une comotion

tête football et commotion
Les coup de tête au football pourraient augmenter le risque de commotion

A la veille de la finale de la coupe du monde 2018, nous adorons tous quand Giroud fait rentrer le ballon dans le but adverse avec un coup de tête, mais… différentes études ont montré que  taper le ballon avec un coup de tête, pose des problèmes similaires à une commotion.

Selon une nouvelle étude publiée dans le journal Neurology, les joueurs de football qui font des têtes sont trois fois plus susceptibles d’avoir des symptômes de commotion cérébrale que les joueurs qui ne font pas souvent des têtes.

Les joueurs dont la tête a été heurtée deux fois ou plus dans une période de deux semaines étaient six fois plus susceptibles d’avoir des symptômes de commotion cérébrale que les joueurs qui n’avaient pas de traumatisme crânien involontaire (comme un ballon frappant l’arrière de la tête ou la tête entrant en collision avec le genou d’un autre joueur).

« Ces résultats montrent que faire une tête est en effet lié aux symptômes de commotion cérébrale, ce qui est contraire à une étude récente suggérant que seules les collisions étaient responsables de la plupart des commotions cérébrales », explique Michael L. Lipton, MD, Ph.D. de la faculté de médecine Albert Einstein de New York. « Les résultats soulèvent des préoccupations sur les effets à long terme de faire une tête. »

L’étude a impliqué des joueurs de football amateur adultes qui ont joué au moins six mois de l’année dans des ligues ou des clubs dans la ville de New York. Les joueurs ont rempli un questionnaire en ligne sur la fréquence à laquelle ils ont joué au football au cours des deux semaines précédentes, combien de fois ils ont eu des impacts de tête involontaires et combien de fois ils ont fait une tête.

On leur a également demandé à quelle fréquence ils présentaient des symptômes dus aux impacts de la tête. L’impact modéré a été défini comme une douleur modérée et des vertiges. L’impact grave a été défini comme un sentiment d’étourdissement, d’arrêt de jeu ou de besoin de soins médicaux. Un impact très grave a été défini comme une perte de connaissance. Les participants pouvaient remplir à nouveau le questionnaire tous les trois mois.

Parmi ceux ayant des impacts de tête, 20% présentaient des symptômes modérés à sévères. Sept personnes ont eu des symptômes très graves. Parmi ceux-ci, six personnes ont eu deux impacts de tête involontaires ou plus au cours des deux semaines; quatre étaient dans le groupe qui avait tapé le plus souvent le ballon avec la tête et trois dans le groupe qui avait tapé moins souvent le ballon avec la tête.

Les membres du groupe ayant tapé le plus souvent le ballon avec la tête étaient trois fois plus susceptibles d’avoir des symptômes que ceux qui avaient moins tapé le ballon avec la tête. Les joueurs ayant eu deux impacts involontaires ou plus étaient six fois plus susceptibles d’avoir des symptômes que ceux n’ayant pas d’impacts non intentionnels. Les joueurs ayant un impact involontaire étaient trois fois plus susceptibles d’avoir des symptômes que ceux n’ayant aucun impact involontaire.

Références : Symptoms from repeated intentional and unintentional head impact in soccer players, Walter F. Stewart, PhD, MPH, Namhee Kim, PhD, PhD, Chloe S. Ifrah, BA, Richard B. Lipton, MD, Tamar A. Bachrach, BA, Molly E. Zimmerman, PhD, Mimi Kim, ScD and Michael L. Lipton, MD, PhD, Neurology, doi: 10. 1212/ WNL. 0000000000003657, published online 1 February 2017.

Le yoga pourrait provoquer des troubles musculosquelettiques

Le yoga pourrait provoquer et parfois aggraver des troubles musculosquelettiques

La pratique du Yoga serait plus sure après après consultation avec un chiropracteur

Le yoga est souvent salué comme une pratique efficace pour le soulagement de la douleur. Mais il arrive que je vois des patients souffrant de blocages et de troubles musculaires suite à une séance de yoga. Il m’arrive de rappeler que le yoga, tout en étant très bénéfique, devrait être considéré comme un sport et donc pratiqué en faisant attention à certaines postures et à ses propres capacités.

Une nouvelle étude vient de paraître qui confirme que le yoga peut aussi provoquer de la douleur, et les blessures liées au yoga sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le pense.

La recherche suggère que chaque année, plus de 10% des personnes qui pratiquent le yoga à titre récréatif ressentent des douleurs musculo-squelettiques, en particulier dans les membres supérieurs. Qui plus est, l’étude a révélé que le yoga aggrave en fait plus d’un cinquième des blessures existantes.

L’auteur principal de l’étude, le professeur Evangelos Pappas, de la Faculté des sciences de la santé de l’Université de Sydney en Australie, et ses collègues ont récemment rapporté leurs résultats dans le Journal of Bodywork and Movement Therapies.

Le yoga est l’une des pratiques de l’esprit et du corps les plus courantes aux États-Unis, et sa popularité augmente. Selon un sondage réalisé par Yoga Alliance l’année dernière, environ 37 millions d’adultes américains pratiquent le yoga, une augmentation significative de 20 millions en 2012.

Mis à part ses effets de soulagement du stress, une raison pour laquelle les gens sont attirés par le yoga est sa capacité à soulager la douleur. Une étude récente publiée par Medical News Today a révélé que pour le mal de dos, le yoga est tout aussi bénéfique que la kinésithérapie.

Cependant, la nouvelle étude du Professeur Pappas et de son équipe suggère que la prudence devrait être appliquée lors de la pratique du yoga, car cela pourrait faire plus de mal que de bien.

Pour leur étude, les chercheurs ont analysé les données de 354 adultes qui pratiquaient le yoga récréatif. Les participants ont rempli deux questionnaires électroniques à un an d’intervalle, qui ont permis de recueillir de l’information sur toute douleur musculo-squelettique qu’ils pourraient avoir, la présence de douleur dans le corps et la gravité de la douleur.

Les données ont révélé que 10,7% des participants ont souffert de douleurs musculo-squelettiques à la suite du yoga.

« En termes de gravité, plus d’un tiers des cas de douleur causée par le yoga étaient suffisamment graves pour empêcher la participation au yoga et ont duré plus de trois mois », note le professeur Pappas.

La douleur dans les membres supérieurs – y compris l’épaule, le coude, le poignet et la main – était le type de douleur la plus commune provoquée par le yoga qui sont peut être dues aux postures qui pèsent sur les membres supérieurs.

Pour les sujets ayant des blessures musculo-squelettiques préexistantes, environ 21 pour cent de ces blessures ont été exacerbées par la participation au yoga, rapporte l’équipe. La douleur pré-existante des membres supérieurs était la plus affectée par le yoga.

Cependant, l’étude a également apporté quelques nouvelles positives; Environ 74% des participants ont rapporté que leur douleur musculo-squelettique préexistante s’était améliorée à la suite du yoga.

Pourtant, les chercheurs croient que leurs résultats soulignent le besoin de prudence quand il s’agit de pratiquer le yoga, en particulier pour les personnes qui ont déjà des douleurs musculo-squelettiques.

« Notre étude a révélé que l’incidence de la douleur causée par le yoga est supérieure à 10% par an », explique le professeur Pappas, « ce qui est comparable au taux de blessures de toutes les blessures sportives combinées parmi la population physiquement active. »

Les chercheurs disent que leurs résultats peuvent aider les professionnels de la santé et les patients à comparer les risques du yoga avec d’autres types d’activité physique, ce qui leur permet de prendre des décisions éclairées quant à la forme d’exercice qui serait la meilleure.

« Nous recommandons que les professeurs de yoga discutent aussi avec leurs étudiants des risques de blessures s’ils ne sont pas pratiqués consciencieusement, et du potentiel du yoga pour aggraver certaines blessures », ajoute le professeur Pappas.

«Les participants au yoga sont encouragés à discuter des risques de blessures et de toute douleur préexistante, en particulier dans les membres supérieurs, avec les professeurs de yoga et les professionnels de santé pour explorer les modifications de posture qui peuvent entraîner une pratique plus sécuritaire ».

NDLR : Il est donc important de discuter avec un spécialiste de la colonne vertébrale, tel qu’un chiropracteur, de ce que vous pouvez faire ou pas et à quel moment de vos soins pour ne pas aggraver des problèmes.

Références : Musculoskeletal pain associated with recreational yoga participation: A prospective cohort study with 1-year follow-up
MarcCampoPT, PhD (Professor), Mariya P.ShiykoPhD (Assistant Professor), Mary BethKean DPT, LynneRoberts DPT, ATC, EvangelosPappas PT, PhD, OCS (Associate Professor). Journal of Bodywork and Movement Therapies
Volume 22, Issue 2, April 2018, Pages 418-423

Plasticité neuronale et mode de vie : Comment comprendre cette relation?

Suite à l’article précédent sur l’exercice et la plasticité neuronale chez des personnes dépressifs et sains, je ne résiste pas au plaisir de traduire l’éditorial du même numéro du journal « Neural Plasticity ».

Les modes de vie influent sur la plasticité neuronale
Le cystème nerveux contrôle la douleur et e bien-être

Notre cerveau a cette extraordinaire capacité à expérimenter des changements fonctionnels et structurels avant même les stimuli environnementaux, la demande cognitive ou notre expérience. L’exercice, le régime alimentaire, un régime de sommeil approprié et les habitudes de lecture font partie des activités proposées pour induire des effets sur l’architecture cérébrale – un mode de vie actif semble induire des changements du fonctionnement du cerveau favorisant le bien-être et une meilleure qualité de vie. Ce numéro spécial a pour but d’approfondir les connaissances sur la relation entre la plasticité neuronale et un mode de vie sain.

L. Mandolesi et ses collègues présentent une approche globale des effets environnementaux sur la plasticité neuronale dans «Environmental Factors Promoting Neural Plasticity». La combinaison de concepts tels que la réserve cérébrale et la réserve cognitive permet de comprendre comment différents modes de vie influencent l’architecture et la fonction cérébrale. Par conséquent, on pense que l’activité physique, un régime de sommeil approprié et certains régimes alimentaires favorisent un meilleur fonctionnement cognitif, ce qui entraîne une réduction des déficits comme ceux associés au vieillissement. En ce sens, C. Phillips nous montre comment atteindre la santé physique et psychologique dans sa revue « Les modes de vie en tant que modulateurs de Neuroplasticity : Comment l’activité physique, l’engagement mental, et l’alimentation favorisent la santé cognitive pendant le vieillissement. »

L’activité physique a été proposée comme modulateur de l’activité cérébrale et de la cognition tout au long de la vie. Dans leur étude «La modalité de l’exercice est associée de façon différentielle à la neurocognition chez les personnes âgées», Y.-K. Chang et ses collègues, concluent que les exercices aérobiques et un programme d’exercices coordonnés ont des effets bénéfiques dans le test Stroop chez les individus de 55 à 70 ans. Après analyse, les auteurs soulignent comment l’onde N450 est réduite chez les sujets qui font des exercices, ce qui pourrait se refléter dans l’activité réduite du cortex cingulaire antérieur, une zone du cerveau liée aux processus de résolution de conflit. L’amplitude plus faible de l’onde N450 peut indiquer une capacité de résolution plus élevée dans le test Stroop. En ligne avec ce travail, C.-H. Chu et son équipe («Exercice aigu et développement neurocognitif chez les préadolescents et les jeunes adultes), proposent qu’un simple programme d’exercices (20 min) chez les préadolescents et les jeunes adultes améliore les performances du test Stroop.

D’autre part, M. Tajerian et JD Clark passent en revue les interventions de médecine alternative dans «Interventions non pharmacologiques dans le ciblage de la plasticité cérébrale liée à la douleur.» Leur analyse inclut non seulement plusieurs de ces interventions (distraction, méditation, thérapie comportemental cognitive, etc.) mais aussi les mécanismes de plasticité sous-jacents à chacun d’entre eux. Bien qu’il n’y ait pas de données concluantes, il semble que les thérapies alternatives pourraient être un excellent complément aux interventions pharmacologiques classiques.

Les facteurs de stress sont parmi les agents qui affectent la neuroplasticité et qui pourraient désavantager le bien-être, car les événements stressants peuvent induire des effets négatifs sur le fonctionnement cérébral et cognitif. MS Henry et son équipe proposent qu’une résilience plus élevée pourrait réduire les résultats négatifs liés au stress dans leur revue «Enképhalines: Analgésiques endogènes avec un rôle émergent dans la résilience au stress». Le concept de résilience est la capacité d’une personne à s’adapter à des conditions défavorables qui peuvent arriver dans la vie. C’est un processus complexe combinant des capacités d’adaptation avec des processus neurobiologiques et l’interaction entre eux. L’étude de la résilience est susceptible de prolonger notre compréhension des troubles affectifs tels que la dépression et l’anxiété.

Au cours des dernières années, il a été proposé que des habitudes saines (exercice, régime, etc.) pourraient favoriser la résilience. M. S. Henry conclut que les enképhalines (ENK) pourraient jouer un rôle important dans la promotion de la résilience, en augmentant l’adaptabilité du sujet à l’environnement. Compte tenu de la distribution des enképhalines et de leurs récepteurs dans l’hippocampe, l’amygdale (AMG), le cortex préfrontal médian (mPFC) et le noyau accumbens (NAc), ces neurotransmetteurs opioïdes sont proposés non seulement pour exercer des effets analgésiques, mais aussi pour affecter les réponses émotionnelles. Ce travail étend l’action des enképhalines à des régions comme la zone préoptique et le noyau de la strie terminale (BST) en ce qui concerne la résilience au stress. Par conséquent, la modulation de l’expression des encéphalites ou ou DOPr / MOPr dans des régions circonscrites ou la modulation de circuits neuronaux sélectionnés semble être plus appropriée.

Enfin, X. Chen et son équipe ont analysé dans leur étude « L’effet rapide du bisphénol-A sur la potentialisation à long terme dans l’hippocampe implique des récepteurs d’œstrogènes et l’activation ERK », les effets du bisphénol sur les processus liés à la mémoire tels que la potentialisation à long terme. Le bisphénol A (BPA) est un composé synthétique largement utilisé dans les plastiques polycarbonates et les résines époxy, par exemple dans les récipients pour aliments et boissons, les prothèses dentaires, les disques compacts et les biberons. Son action sur la fonction endocrinienne a été évaluée dans de nombreuses études, montrant que de faibles doses peuvent inhiber la différenciation sexuelle et conduire à des résultats pertinents à l’âge adulte. X. Chen et son équipe montrent que le bisphénol A exerce des effets dose-dépendants sur la potentialisation à son terme de l’hippocampe. L’exposition au BPA à faible dose a amélioré la LTP, tandis que l’exposition à une dose élevée a inhibé la LTP par rapport aux témoins. Ces effets nécessitent la participation du récepteur d’œstrogène associé à la membrane (ER).

Nous avons essayé d’inclure dans ce numéro spécial ces études qui analysent le rôle des habitudes saines et comment elles peuvent affecter la plasticité cérébrale. L’objectif de ce numéro spécial était de donner un aperçu de la recherche actuelle sur la promotion de la qualité de vie.

NDLR :

Traduit de la page https://www.hindawi.com/journals/np/2017/9506181/ avec quelques changements pour rendre l’article plus lisible

En résumé, que faut-il comprendre de cet article et des études parues dans ce numéro ? Que les bienfaits observés suite aux exercices, aux changements d’alimentation, aux interventions thérapeutiques sont le fruit de changements dans la fonction et la structure du cerveau par une adaptation, une rééducation du cerveau (la plasticité neuronale). Dans des articles à venir, on s’intéressera aux travaux entrepris dans ce sens en Chiropraxie, notamment les travaux de la chercheuse nouvelle-zélandaise Heidi Haavik.

Exercice et plasticité neuronale chez des sujets dépressifs

L’exercice favorise la plasticité neuronale chez les sujets sains et les sujets dépressifs

Dépression et cerveauLes troubles de la mémoire sont des symptômes cognitifs fréquemment rencontrés chez les personnes souffrant de trouble dépressif majeur et persistent souvent malgré un traitement antidépresseur.
Des études de neuro-imagerie ont identifié une activité hippocampique anormale au cours des processus de mémoire dans les troubles dépressifs majeurs. L’exercice en tant que traitement complémentaire pour la dépression est une stratégie thérapeutique prometteuse qui améliore l’humeur, la fonction cognitive et la structure et la fonction neuronales.

Pour faire progresser notre compréhension de la façon dont l’exercice influe sur la fonction neuronale dans les troubles dépressifs majeurs, nous devons également comprendre comment l’exercice influe sur les personnes en bonne santé sans dépression. Une étude pilote a analysé les effets d’exercices pendant huit semaines sur la fonction hippocampique chez des individus faiblement actifs sains et des individus faiblement actifs avec trouble de dépression majeur.

Les résultats ont montré une amélioration marquée des scores de dépression pour le groupe dépressif et et aucun changement dans les performances de la mémoire pour les deux groupes. Les résultats d’IRM fonctionnelle ont montré une diminution marginalement significative de l’activité hippocampique dans les deux groupes après les 8 semaines d’exercice.

Ces résultats suggèrent que l’exercice peut améliorer l’efficacité neuronale chez les individus à faible activité, tout en entraînant un effet de l’humeur sensiblement supérieur pour ceux qui souffrent de troubles dépressifs majeurs.

Référence : Joanne Gourgouvelis, Paul Yielder, and Bernadette Murphy, “Exercise Promotes Neuroplasticity in Both Healthy and Depressed Brains: An fMRI Pilot Study,” Neural Plasticity, vol. 2017, Article ID 8305287, 13 pages, 2017.

Si vous cassez le bras gauche, n’oubliez pas de rééduquer votre bras droit !

Exercer les muscles d’un côté de votre corps peut aider à maintenir en forme les muscles de l’autre côté

Blessure main chiropraxie
Pour un membre blessé et immobilisé, exercez l’autre !

Une nouvelle étude vient de confirmer encore un principe que nous employons pour certains patients pour des problèmes particuliers. Pour résumer, si vous vous faites une entorse ou une fracture et que vous ne pouvez pas utiliser un bras ou une jambe pendant une période, faites travailler les mêmes muscles du côté opposé pour ne pas avoir des muscles qui s’atrophient.

En effet quand on ne peut plus bouger et faire travailler les muscles; comme dans le cas d’une entorse ou d’une fracture; ils s’affaiblissent et peuvent s’atrophier (diminuer en taille). Dans cette étude, les chercheurs ont plâtré le poignet de 16 jeunes. La moitié a poursuivi une vie normale sans s’occuper de ce bras immobilisé tandis que l’autre moitié a fait un programme de musculation des muscles fléchisseurs du poignet. Après un mois, les personnes qui n’avaient pas fait de musculation du bras opposé avaient une atrophie et un affaiblissement des muscles immobilisés, tandis que ceux qui avaient rééduqué les muscles opposés avaient gardé une taille et une force presque normal sans atrophie et sans affaiblissement !

L’explication pourrait venir du fait que les exercices dans les muscles opposés entretiendraient une activité nerveuses au niveau des reflexes dans la moelle épinière ainsi qu’au niveaux supérieurs corticaux.

Référence :  J Appl Physiol (1985). 2018 Apr 1;124(4):866-876. doi: 10.1152/japplphysiol.00971.2017. Epub 2017 Dec 14. Unilateral strength training leads to muscle-specific sparing effects during opposite homologous limb immobilization. Andrushko JW, Lanovaz JL, Björkman KM, Kontulainen SA, Farthing JP.

Coup de poignard dans le dos des kinésithérapeutes : réponse personnelle 

Un de mes patients m’a signalé un article d’un certain Monsieur Demorand, kinésithérapeute de son état, qui se plaint d’un “arrêté ministériel offrant aux chiropracteurs la possibilité de réaliser la quasi-totalité des actes de kinésithérapie” !

6 années d’études et diplôme de Doctor of Chiropractic

Dans cet article, Monsieur Demorand se place en tant que défenseur des intérêts des patients quant à leur sécurité et contre des fake médecins que sont les chiropracteurs ! En tant que chiropracteur, diplômé Doctor of Chiropractic après 6 années d’études à temps complet, et reconnu en tant que tel dans de nombreux pays tels que les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la Suisse, l’Irlande,…, je me demande si Monsieur Demorand s’est un tant soit peu renseigné sur la profession avant de faire son article ou s’est contenté de s’insurger contre la perte de ses “privilèges exclusifs”, comme malheureusement souvent en France. Car il s’agit bien d’une perte de privilège ou de “chasse gardée” dont se plaint ce Monsieur et non pas autre chose !

chiropraxie et TMS
Les chiropracteurs en première ligne contre les troubles musculo-squelettiques

Il ne s’agit pas de la défense des intérêts des patients étant donné que la grande majorité des études médicales sur la Chiropraxie ont montré l’efficacité et la sûreté des soins chiropratiques pour des troubles neuro-musculo-squelettiques. La profession est réglementée dans de nombreux pays, reconnue par l’OMS et régies par des instances internationales sur des formations longues sur 6 ans avec internat clinique,… Et comme je le mentionnais, de nombreuses études parues dans des journaux médicaux indexés ont montré l’efficacité de ces soins pour de nombreux problèmes musculo-squelettiques. Et c’est d’ailleurs ce qui a incité la France, à la traîne par rapport aux autres pays européens, de finalement reconnaitre la profession ! Je rappelle aussi que certaines de ces études ont même montré la supériorité de ces soins par rapport aux soins de kinésithérapie. Et c’est peut-être bien cela qui dérange Monsieur Demorand et certains de ces confrères. Il pourrait trouver certaines de ces études sur mon site (cette page), ou par exemple dans le dossier de l’Organisation Mondiale de la Santé sur la profession !!!

Je me rappelle qu’il y a quelques années, à l’invitation d’un chef de service d’un hôpital parisien, j’ai fait une présentation sur la Chiropraxie pour le staff. Et dans ma présentation, je montrais les différentes études sur l’efficacité des soins y compris celles qui montraient que les soins chiropratiques étaient plus efficaces pour les maux de dos par rapport aux médicaments ou aux soins de kinésithérapie. Des collègues de Monsieur Demorand se sont senti insultés (ce qui n’était absolument pas mon intention) et ont décidé de quitter la salle. Le chef de service a dû leur faire comprendre que ce sont des conclusions d’études médicales et qu’il faut accepter les faits et non pas les prendre comme une attaque personnelle. 

J’ajoute que non seulement l’esprit de cet arrêté n’est pas de substituer les 1000 chiropracteurs aux 90.000 kinésithérapeutes, car on ne cible pas les mêmes structures dans le corps humain, mais que cela permet de créer une complémentarité logique dans les rapports entre les deux professions comme cela existe partout dans le monde. Cet arrêté ne fait que s’aligner sur ce qui se fait dans le reste du monde et des pays européens où les chiropracteurs sont reconnues en tant que praticien de premier contact (avec pose de diagnostic), ce qui n’est pas le cas des kinésithérapeutes.

Kinésithérapeute et chiropracteur : pas le même travail

Encore une fois, personnellement, mon travail consiste à travailler sur le système articulaire et son rapport avec le système nerveux et non pas de faire de la kinésithérapie. Et pour beaucoup de mes patients je recommande de poursuivre une rééducation et/ou renforcement musculaire avec un kinésithérapeute de leur choix. Dans mon cabinet aux Etats-Unis, nous avions 3 chiropracteurs qui travaillaient avec 2 kinésithérapeutes. Chacun son travail pour aider les patients à progresser. Je n’ai donc aucune animosité envers ces professionnels sauf quand certains d’entre eux veulent, dans l’autres sens, surfer sur la popularité des soins vertébraux et se former à cela en faisant des raccourcis et devenir ostéopathes en faisant des stages sur des weekends ou en quelques mois, au lieu des 6 années d’études à temps complet que nécessite une vraie formation d’ostéopathe !

J’inviterais donc Monsieur Demorand et quiconque de ces collègues qui se sentiraient trahis par cet arrêté de se rapprocher de l’Association Française de Chiropraxie qui régie la profession en France pour comprendre ce qu’est cette profession. Cela lui permettra d’être rassuré sur le fait que la complémentarité des soins est un plus pour les patients et que cela n’enlève en rien ses privilèges de kinésithérapeute.

Mal de dos : exercice aussi efficace que les anti-inflammatoires

Mal de dos : exercice aussi bien que les anti-inflammatoires, sans les effets secondaires !

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Faire des mouvements pour le mal de dos plutôt que de prendre des anti-inflammatoires

La lombalgie chronique non spécifique est devenue un problème majeur de santé publique dans le monde entier1). La prévalence de la lombalgie au cours de la vie atteindrait 84% et la prévalence de la lombalgie chronique serait d’environ 23%, avec environ 11% à 12% de la population étant handicapée par ces troubles. La lombalgie chronique non spécifique se manifeste sous forme de tension, de douleur et / ou de raideur dans la région du bas du dos, sans être possible d’identifier une cause spécifique de la douleur. Plusieurs structures dans le dos, y compris les articulations, les disques et les tissus conjonctifs, peuvent contribuer à la création des symptômes.

En règle générale, le traitement des patients atteints de lombalgie chronique non spécifique est conservateur, en utilisant des médicaments et / ou de l’exercice. La pharmacothérapie peut être associée à des effets secondaires. Il a été démontré que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont une efficacité thérapeutique pour la lombalgie chronique non spécifique. Il a été rapporté, cependant, que 3 à 23% des patients utilisant des AINS devaient les arrêter en raison d’effets secondaires. De plus, il faudrait tenir compte des quantités de médicaments concomitants administrées aux personnes âgées en ce qui concerne le risque de chute et qui devraient faire l’objet d’un suivi particulier.
Un autre traitement -exercice- a une efficacité bien établie chez les patients avec lombalgie chronique non spécifique et est populaire. De nombreuses études ont démontré que l’exercice thérapeutique peut améliorer la flexibilité du tronc, la force, l’endurance, la capacité aérobique et la stabilisation. L’exercice promet d’améliorer la fonction et les activités de la vie quotidienne. Cependant, il y a des arguments, à la fois pour et contre le soulagement de la douleur de cette manière.

Il y a eu peu d’études sur les comparaisons entre les AINS et la thérapie par l’exercice, notamment en ce qui concerne le degré de douleur, l’incapacité et la qualité de vie associée à la lombalgie ou à la santé. Le but de cette étude était d’analyser l’efficacité thérapeutique du traitement par AINS par rapport à celle de l’exercice chez les patients avec lombalgie chronique non spécifique.

En conclusion, le soulagement de la douleur a été obtenu après 3 mois de pharmacothérapie ou d’exercice. La qualité de vie s’est améliorée seulement dans le groupe d’exercice. Les résultats de rétablissement pour les deux groupes n’étaient pas significativement différents. L’efficacité de l’exercice pour une lombalgie strictement définie, était presque équivalente à celle de la pharmacothérapie et fournissait une meilleure qualité de vie.

Références : Fukushima J Med Sci. 2017; 63(1): 8–15. Therapeutic efficacy of nonsteroidal anti-inflammatory drug therapy versus exercise therapy in patients with chronic nonspecific low back pain: a prospective study, Naoto Takahashi, Jun-ichi Omata, Masumi Iwabuchi, Hironari Fukuda, Osamu Shirado

Mal de dos chez les adolescents ? Voyez un chiropracteur !

La lombalgie est courante à l’adolescence, mais il y a peu de recherche de haute qualité pour faire la part entre les soins proposés.
Dans cette étude parue dans le journal médical Pain, les chercheurs ont mené un étude randomisée comparant d’une part 12 semaines de manipulations vertébrales combinée à des exercices pour le dos et des exercices pour le dos seuls.

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Les manipulations vertébrales chez le chiropracteur

Les participants étaient 185 adolescents âgés de 12 à 18 ans avec des maux de dos chroniques. Le critère principal était la sévérité de la douleur à 12, 26 et 52 semaines. Les critères secondaires comprenaient l’incapacité, la qualité de vie, l’utilisation de médicaments, l’amélioration et la satisfaction des patients et des soignants.
Chez les adolescents souffrant de lombalgie chronique, les manipulations vertébrales combinées à l’exercice étaient plus efficaces que l’exercice seul sur une période d’un an; les différences les plus marquées étant survenues à six mois.

Pain. 2018 Mar 27. doi: 10.1097/j.pain.0000000000001211. [Epub ahead of print] Spinal Manipulation and Exercise for Low Back Pain in Adolescents: A Randomized Trial. Evans R1, Haas M1, Schulz C1, Leininger B1, Hanson L1, Bronfort G1.

L’exercice modifie le microbiote intestinal (flore intestinale)

L’exercice modifie la composition microbienne intestinale indépendamment du régime alimentaire

exercices et microbiote
L’exercice modifie le microbiote

Notre tube digestif abrite un ensemble de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes qui constitue notre microbiote intestinal (ou flore intestinale). On sait désormais qu’il joue un rôle dans les fonctions digestive, métabolique, immunitaire et neurologique. En conséquence, la dysbiose, c’est-à-dire l’altération qualitative et fonctionnelle de la flore intestinale, est une piste sérieuse pour comprendre l’origine de certaines maladies, notamment celles sous-tendues par des mécanismes auto-immuns ou inflammatoires.

Deux études – l’une chez la souris et l’autre chez l’homme – offrent la première preuve définitive que l’exercice seul peut modifier la composition des microbes dans l’intestin. Les études ont été conçues pour isoler les changements induits par l’exercice des autres facteurs – tels que l’alimentation ou l’utilisation d’antibiotiques – qui pourraient altérer le microbiote intestinal.
Dans la première étude, des scientifiques ont transplanté des matières fécales de souris sédentaires et de souris ayant fait des exercices dans le colon de souris sédentaires exemptes de germes, qui avaient été élevées dans une installation stérile et n’avaient pas de microbiote propre.
Dans la deuxième étude, l’équipe a suivi les changements dans la composition du microbiote intestinal chez les participants humains qui sont passés d’un mode de vie sédentaire à un mode de vie plus actif – et vice-versa.
« Ce sont les premières études à montrer que l’exercice peut avoir un effet sur votre intestin indépendamment de l’alimentation ou d’autres facteurs », a déclaré Jeffrey Woods, professeur de kinésiologie et de santé publique à l’Université de l’Illinois. Le travail avec les souris a été effectué à l’Université de l’Illinois et avec des scientifiques de la Mayo Clinic à Rochester, au Minnesota, qui développent et maintiennent les souris sans germes. Le travail chez l’homme a été mené à l’Illinois.
Dans l’étude sur les souris, les changements dans le microbiote des souris receveuses ont reflété ceux des souris donneuses, avec des différences claires entre ceux recevant des microbes de souris sédentaires et ceux des souris ayant fait de l’exercice.
« Cela nous a prouvé que la greffe a fonctionné », a déclaré Woods.
Les receveurs du microbiote de souris ayant fait de l’exercice avaient également une proportion plus élevée de microbes produisant du butyrate, un acide gras à chaîne courte qui favorise la santé des cellules intestinales, réduit l’inflammation et génère de l’énergie pour l’hôte. Ils semblaient également plus résistants à la colite ulcéreuse expérimentale, une maladie inflammatoire de l’intestin.
« Nous avons constaté que les animaux qui ont reçu le microbiote exercé avaient une réponse atténuée à un produit chimique induisant la colite », a déclaré Allen. « Il y avait une réduction de l’inflammation et une augmentation des molécules régénératrices qui favorisent une récupération plus rapide. »
Dans l’étude humaine, l’équipe a recruté 18 adultes minces et 14 adultes sédentaires obèses, a prélevé leurs microbiomes intestinaux et les a initiés à un programme d’exercice durant lequel ils ont pratiqué un exercice cardiovasculaire supervisé pendant 30 à 60 minutes trois fois par semaine pendant six semaines. Les chercheurs ont de nouveau échantillonné les microbiomes intestinaux des participants à la fin du programme d’exercices et encore après six autres semaines de comportement sédentaire. Les participants ont maintenu leurs régimes habituels tout au long de l’étude.
Les concentrations fécales d’Acides gras à chaîne courte, en particulier de butyrate, ont augmenté dans l’intestin humain à la suite de l’exercice. Ces niveaux ont de nouveau baissé après que les participants aient retrouvé un mode de vie sédentaire. Les tests génétiques du microbiote ont confirmé que cela correspondait à des changements dans la proportion de microbes produisant du butyrate et d’autres acides gras à chaîne courte.
Les augmentations les plus spectaculaires ont été observées chez les participants minces, qui avaient des niveaux significativement plus faibles de microbes produisant des acides gras à chaîne courte dans leurs intestins au début. Les participants obèses n’ont vu qu’une augmentation modeste de la proportion de microbes produisant des acides gras à chaîne courte. Les ratios de différents microbes dans l’intestin ont également différé entre les participants minces et obèses à chaque étape de l’étude, les chercheurs ont dit.
« L’essentiel est qu’il existe des différences claires dans la façon dont le microbiome de quelqu’un qui est obèse par rapport à quelqu’un qui est maigre répond à l’exercice », a déclaré Woods. « Nous avons encore du travail à faire pour déterminer pourquoi. »

Jacob M. Allen et al, Exercise Alters Gut Microbiota Composition and Function in Lean and Obese Humans, Medicine & Science in Sports & Exercise (2017).

J. M. Allen et al. Exercise training-induced modification of the gut microbiota persists after microbiota colonization and attenuates the response to chemically-induced colitis in gnotobiotic mice, Gut Microbes (2017).