Posture de la tête en avant et maux de tête, migraine

Posture de la tête en avant – III

 

Dans la première partie de cet article sur la posture de la tête en avant, j’ai parlé de ce qui est communément appelé posture de la tête en avant (voir page I de l’article), et du lien entre cette rectitude cervicale et douleurs cervicales, arthrose cervicale et hernie discale (voir page II de l’article). Aujourd’hui, je voudrais parler des études liant la posture de la tête en avant avec les maux de tête et migraines (sans oublier les névralgies d’Arnold).

Comme je le disais auparavant, ces pages sont aussi bien pour les personnes intéressées par les études à ce sujet que pour des professionnels qui pourraient ne pas connaitre ces liens. En tant que particulier, vous pouvez demander à votre médecin, kinésithérapeute, ou praticien de consulter ces pages.

Et encore une fois, vu le nombre important d’études, je n’ai fait que mettre des résumés ou les conclusions des études, mais vous pouvez cliquer sur les liens pour lire le résumé, et pour les professionnels, lire la totalité de l’article si cela vous intéresse (pour certaines études, il faut avoir un accès spécial pour lire l’article en entier).
De plus, il faut comprendre que l’existence d’un lien entre la posture de la tête en avant et les troubles cités, ne veut pas nécessairement signifier une causalité. Néanmoins étant donné que d’une part la mauvaise posture constatée chez les jeunes (qui sont d’ailleurs souvent symptomatiques au début) et l’apparition des symptômes chez les personnes plus âgées (adulte) et le fait que la rééducation pour la rectitude cervicale s’accompagne d’amélioration des symptômes, il est possible de supposer un lien de causalité entre la perte de la lordose cervicale et certains de ces troubles et symptômes.

Pour finir, les études sont citées dans l’ordre chronologiques en commençant par les études les plus récentes jusqu’aux plus anciennes (de 2021 à 2001).

 

Perte de la lordose cervicale, raideur cervicale, inversion de la courbure cervicale, et maux de tête et migraines

Octobre 2020

Titre de l’article : Les sujets souffrant de céphalées primaires chroniques ont une posture de la tête vers l’avant plus grande que les personnes asymptomatiques et les patients souffrant de céphalées primaires et épisodiques: examen systématique et méta-analyse

Conclusion : Il existe des preuves modérées à fortes que les patients souffrant de céphalées primaires (ndlr : comprenant céphalées de tension et migraines) chroniques présentent une posture de la tête en avant plus grande que les individus asymptomatiques et des preuves modérées que les patients souffrant de céphalées primaires chroniques présentent une posture de tête vers l’avant plus grande que ceux souffrant de céphalées primaires épisodiques.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33118601/

Juillet 2019

Titre de l’article : Troubles musculo-squelettiques cervicaux dans les migraines et céphalées de tension: revue systématique et méta-analyse

Conclusion : Par rapport aux témoins, les patients souffrant de céphalées de tension avaient une plus grande posture de la tête vers l’avant et moins d’amplitude de mouvement au niveau cervical. Les patients avec les céphalées de tension avaient plus de troubles musculo-squelettiques cervicaux que les patients avec migraine.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31054485/

Novembre-Décembre 2018

Titre de l’article : Analyse de la posture de la tête et de l’activation des extenseurs cervicaux au cours d’une tâche à faible charge chez les femmes souffrant de migraine chronique et les participantes en bonne santé

Conclusion : Une posture de la tête en avant était modérément corrélée à une augmentation de l’activité électrique des muscles extenseurs superficiels du cou chez les femmes souffrant de migraine chronique mais non épisodique.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30745005/

Décembre 2017
Titre de l’article : Analyse des courbures cranio-cervicales chez les sujets migraineux avec et sans cervicalgie

Conclusion : Les sujets souffrant de migraine présentaient une diminution de la lordose cervicale.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28886864/

Novembre 2016Titre de l’article : Relation entre les triggers points et la posture de la tête / du cou chez les patients migraineux

Conclusion : Notre étude soutient l’hypothèse selon laquelle les points gâchette (triggers points) actifs sont associés à une lordose cervicale réduite et à une extension de la tête chez les personnes souffrant de migraine.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27149581/

Décembre 2013

Titre de l’article : Mesures des résultats physiques musculosquelettiques chez les personnes souffrant de céphalées de tension

Conclusion : Les personnes atteintes de céphalées de tension chronique, par rapport aux témoins sans céphalées, ont systématiquement montré un plus grand nombre de trigger points, une sensibilité accrue à la douleur et une posture de la tête vers l’avant plus sévère.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23804285/

Octobre 2013

Titre de l’article : Y a-t-il une différence dans la posture de la tête et les mouvements de la colonne cervicale chez les enfants avec et sans maux de tête ?

Conclusion : Par rapport aux enfants asymptomatiques, les enfants souffrant de maux de tête posture de la tête en avant et une amplitude de mouvement cervicale moindre.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23708260/

Mai 2007

Rectitude cervicale, trigger points, migraineTitre de l’article : Points gâchette myofasciaux (trigger points), mobilité du cou et posture de la tête vers l’avant dans les céphalées de tension épisodiques

Conclusion : Les trigger points actifs dans les muscles trapèze supérieur, sternocléidomastoïdien et temporal étaient plus fréquents chez les sujets souffrant de céphalées de tension épisodiques que chez les témoins sains. Les patients souffrant de céphalées de tension épisodiques ont montré une plus grande posture de la tête en avant et une moindre mobilité du cou que les témoins sains.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17501847/

Mars 2006

Titre de l’article : Posture de la tête en avant et mobilité du cou dans les céphalées de tension chroniques: une étude contrôlée en aveugle

Conclusion : Dans le groupe céphalées de tension chroniques, une corrélation a été trouvée entre la posture de la tête en avant et la fréquence des céphalées.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16472338/

Septembre 2006

Titre de l’article : Triggers points (points gâchettes) myofasciaux, mobilité du cou et posture de la tête en avant dans la migraine unilatérale

Conclusion : Les sujets migraineux ont une plus grande posture de la tête en avant. La mobilité du cou chez les sujets migraineux était inférieure à celle des témoins pour certains mouvements de la nuque. Les informations nociceptives des points gâchettes dans les muscles de la tête et du cou peuvent produire un bombardement afférent continu du noyau du nerf trijumeau et, de là, une activation du système trigéminovasculaire. Les triggers points actifs situés ipsilatéralement aux migraines peuvent être un facteur contribuant à l’initiation ou à la perpétuation de la migraine.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16919056/

Mars 2006

Titre de l’article : Triggers Points (points gachette) dans les muscles sous-occipitaux et posture de la tête en avant dans les céphalées de tension

Conclusion : Les Triggers Points sous-occipitaux et Posture de la tête en avant étaient associés à des céphalées de tension chroniques. Les sujets souffrant de céphalées de tension chronique avec des points gâchettes actifs ont rapporté une intensité et une fréquence de maux de tête plus élevées que ceux avec des points gâchettes latents. Le degré de posture de la tête en avant était en corrélation positive avec la durée des céphalées, la fréquence des céphalées et la présence des tiggers points actifs sous-occipitaux.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16618263/

Résumé :

Ces différentes études montrent bien une association entre d’une part la perte de la lordose cervicale ou posture de la tête en avant et d’autre part des céphalées primaires, c’est-à-dire les migraines et les céphalées de tension.
Différentes hypothèses sont proposées pour expliquer la relation entre la raideur cervicale et les tensions et douleurs autour de la tête. Il a été trouvé qu’un nombre plus important de « points gâchette » ou « trigger points » sont présents dans les muscles des patients avec une posture de la tête en avant. Certains trouvent d’ailleurs une relation bi-directionnelle entre la posture de la tête en avant et les points gâchette de sorte que cette posture peut engendrer des contractions musculaires et la multiplication des triggers points qui en retour empirent la posture de la tête en avant. La présence accrue de ces points gâchette est communément liée à une suractivation du nerf trijumeau et donc du système trigemino-vasculaire qui est souvent impliqué dans les douleurs de la tête que ce soit les migraines ou les algies vasculaires de la face.

La posture de la tête en avant peut aussi perturber le fonctionnement d’autres systèmes qui sont impliqués dans les migraines : les systèmes oculomoteurs et surtout vestibulaire.

C’est pour cela que dans notre cabinet, l’aide aux patients souffrant de céphalées, migraines, névralgies d’Arnold ou algie vasculaire de la face englobe une approche chiropratique pour réduire les blocages articulaires, enlever les irritations nerveuses et détendre les muscles dos cou mais également une analyse et une rééducation en neurologie fonctionnelle qui peut inclure une rééducation vestibulaire, oculomoteur ou proprioceptif.

Dans le prochain article sur le même sujet, je parlerai des études concernant les liens entre la posture de la tête an avant et les problèmes respiratoires et fonctionnement du corps.

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